L'opposition vénézuélienne défie l'armée, soutien du président

'Tant que ce sera nécessaire': l'opposition vénézuélienne manifestait vendredi en direction ...
L'opposition vénézuélienne défie l'armée, soutien du président

L'opposition vénézuélienne défie l'armée, soutien du président

Photo: Keystone

'Tant que ce sera nécessaire': l'opposition vénézuélienne manifestait vendredi en direction des installations de l'armée. Les militaires sont considérés comme le principal soutien et la pièce maîtresse du président socialiste Nicolas Maduro, pourtant très contesté.

Comme à chaque manifestation ou presque, des camions anti-émeutes, des jets d'eau et un mur de gaz lacrymogènes empêchaient les antichavistes (du nom du défunt ex-président Hugo Chavez, 1999-2013) d'avancer vers le ministère de la Défense, proche d'une des principales installations militaires du pays.

'Je reste là pour qu'il y ait un changement dans le pays', a déclaré à l'AFP Francisco Garcia, artiste et chef cuisinier, âgé de 40 ans. 'Tant que ce sera nécessaire, jusqu'au bout, jusqu'à ce que naisse la démocratie', a-t-il ajouté, appelant les Vénézuéliens à 'continuer à sortir dans la rue'.

Les anti-gouvernement ont été rejoints par un groupe de militaires retraités qui dénoncent les 'excès' des forces de l'ordre, dont la garde nationale bolivarienne dépendant de l'armée, contre les manifestants. Ils rejettent également le projet de nouvelle Constitution du chef de l'Etat, qui vise, selon eux, à mettre en place 'un régime communiste'.

'Climat d'impunité'

Cette nouvelle mobilisation intervient alors que la procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, a accusé mercredi la garde nationale militarisée d'avoir fait plus de 500 blessés et causé le décès d'un jeune homme pendant cette vague de manifestations. Les protestations ont commencé début avril et ont fait 57 morts selon le dernier bilan officiel.

'Cette exacerbation de la violence est inquiétante', a souligné dans une déclaration publique Mme Ortega, seule voix discordante dans le camp présidentiel. Elle accuse un membre de la garde nationale d'avoir causé, en lançant une grenade lacrymogène, le décès d'un manifestant de 20 ans le 26 avril.

Le ministre de l'Intérieur et de la Justice, le général Néstor Reverol, a quant à lui défendu les agissements des forces de l'ordre. Lui accuse le parquet de promouvoir un 'climat d'impunité' face à la violence de certains manifestants.

L'armée, acteur incontournable du jeu politique national, a exprimé à plusieurs occasions sa 'loyauté inconditionnelle' au président Maduro, très impopulaire dans ce pays en profonde crise politique et économique.

'Oui'

A l'autre extrémité de la ville, une marée rouge pro-gouvernement agitait des pancartes 'oui à la Constituante' en direction du palais présidentiel de Miraflores. 'Nous sommes mobilisés en soutien à la Constituante, une Constituante de paix et d'avenir', a témoigné Kennedy Morales, leader étudiante de 24 ans présente dans la foule.

/ATS
 

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