Le Conseil de sécurité décide l'envoi d'observateurs au Yémen

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Le Conseil de sécurité décide l'envoi d'observateurs au Yémen

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé vendredi à l'unanimité d'envoyer des observateurs civils au Yémen pour notamment sécuriser le fonctionnement du port stratégique de Hodeida. Ces observateurs devront aussi superviser l'évacuation des combattants de cette ville.

Une résolution rédigée par le Royaume-Uni a été adoptée par les quinze membres du Conseil. Elle entérine aussi les acquis obtenus lors des récentes consultations inter-yéménites tenues en Suède, dont ceux sur un cessez-le-feu à Hodeida, un retrait de combattants de la ville et un échange de prisonniers entre les deux parties yéménites belligérantes.

Le texte 'insiste sur le plein respect par toutes les parties du cessez-le-feu décrété pour la province de Hodeida'. Il autorise l'ONU 'à établir et à déployer, pour une période initiale de 30 jours à compter de l'adoption de la résolution, une avant-garde pour commencer un travail d'observation', sous la direction du général néerlandais à la retraite Patrick Cammaert.

Selon l'ONU, cet ex-officier, qui a effectué plusieurs missions dans le monde comme casque bleu, est attendu vendredi à Amman, avant de se rendre à Sanaa et à Hodeida à des dates non précisées.

Aide humanitaire

La résolution réclame par ailleurs au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres de 'soumettre (au Conseil de sécurité) des propositions aussi vite que possible d'ici au 31 décembre sur la manière dont les Nations unies pourraient soutenir pleinement l'Accord de Stockholm comme l'ont réclamé les parties'.

Des diplomates ont évoqué la possibilité de déployer à Hodeida et ses environs entre 30 et 40 observateurs - des civils ayant des expériences militaires - pour garantir l'arrêt des hostilités et sécuriser l'acheminement de l'aide humanitaire. Des membres de l'avant-garde sont déjà en route pour la région, a précisé vendredi l'ONU.

Les consultations inter-yéménites en Suède ont notamment permis d'aboutir à un cessez-le-feu à Hodeida, entré en vigueur mardi, et à la décision d'un retrait des combattants de cette ville et de son port, crucial pour l'acheminement de l'aide humanitaire.

Les ports d'Al-Salif et de Ras Issa sont également concernés par des mesures de cessation des hostilités et d'évacuation de combattants. Un accord est aussi intervenu pour un échange de prisonniers, qui est également entériné par la résolution du Conseil de sécurité.

Longues tractations

Les rebelles chiites Houthis et les forces gouvernementales soutenues par la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite avaient donné en Suède leur accord pour que l'ONU supervise les activités du port de Hodeida.

Cette ville portuaire par où transite la majeure partie de l'aide humanitaire destinée au Yémen est un enjeu stratégique dans la guerre opposant depuis 2015 les Houthis, appuyés par l'Iran, aux forces progouvernementales.

Il y a une semaine, au lendemain des accords obtenus en Suède, l'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, avait réclamé au Conseil de sécurité un déploiement d'observateurs en urgence.

Les discussions entre membres du Conseil de sécurité ont cependant traîné en longueur. Le texte a été amendé à plusieurs reprises cette semaine à la demande des Etats-Unis, de la Russie ou du Koweït.

Le 8 décembre, l'ONU avait estimé que jusqu'à 20 millions de personnes étaient 'en situation d'insécurité alimentaire' au Yémen, où la guerre a fait au moins 10'000 morts depuis plus de quatre ans.

/ATS
 

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