Le gouvernement Bolsonaro prend ses fonctions

La toute jeune présidence de Jair Bolsonaro entre dans le vif du sujet mercredi, avec la prise ...
Le gouvernement Bolsonaro prend ses fonctions

Le gouvernement Bolsonaro en place pour

Photo: KEYSTONE/AP/ERALDO PERES

Les ministres du président d'extrême droite Jair Bolsonaro ont pris leurs fonctions mercredi à Brasilia. Ils ont pour mission de 'remettre le Brésil debout' au prix d'un changement radical de cap.

Le gouvernement a été resserré dans un souci d'efficacité (le nombre de ses membres est passé de 29 à 22), mais il est composé de personnalités en majorité inexpérimentées. Les ministres, parmi lesquels sept militaires à la retraite, seulement deux femmes et aucun noir, ont été intronisés au cours de cérémonies protocolaires, au lendemain de l'investiture en grande pompe du président Bolsonaro.

Celui-ci veut radicalement rompre avec l'ordre établi et le gouvernement devrait rapidement se mettre au travail pour faire prendre à la première puissance latino-américaine un virage qui s'annonce brutal tant sur le plan économique que sociétal ou diplomatique avec un réalignement total sur les Etats-Unis.

'Nous sommes face à un grand défi: remettre le Brésil debout', a déclaré mercredi Onyx Lorenzoni, le ministre de la Maison Civile - poste à mi-chemin entre Premier ministre et chef de cabinet.

'Nous surprendrons par notre capacité à dialoguer. Le Congrès a besoin du dialogue et le président le sait', a-t-il ajouté. Le parti gouvernemental, le Parti social libéral (PSL), est minoritaire. Il n'est donc pas en mesure de transformer le Brésil sans de nombreuses alliances politiques.

Réforme des retraites

Poids lourd du gouvernement, Paul Guedes, le ministre ultra-libéral de l'Economie auquel revient un portefeuille très élargi, a déclaré pendant son investiture que 'la réforme des retraites était le premier et le plus grand défi' du gouvernement. Jair Bolsonaro n'avait pourtant pas soufflé mot la veille dans ses discours d'investiture sur l'épineuse refonte d'un régime très coûteux pour l'Etat, réclamée avec insistance par les marchés.

Après l'intervention du ministre - qui a évoqué les trois piliers de sa politique: retraites, privatisations et réforme fiscale -, l'indice Ibovespa de la Bourse de Sao Paulo s'envolait, passant pour la première fois au-dessus du seuil des 90'000 points, à 91'012,32. Un record historique.

Star du gouvernement, le ministre de la Justice, l'ex-juge anticorruption et figure emblématique de l'enquête contre la corruption 'Lavage express' effectuée de Curitiba (sud), Sergio Moro s'est dit confiant de pouvoir lutter plus efficacement contre ce fléau.

'Un juge de Curitiba ne peut pas faire grand-chose au sujet (des) politiques plus générales' nécessaires contre la corruption, 'mais maintenant, au gouvernement, il se peut que ce soit différent', a-t-il avancé.

Rencontre avec Pompeo

En matinée, Jair Bolsonaro a rencontré le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, qui avait représenté le président Donald Trump à son investiture. 'Nous pensons qu'il y a une opportunité entre les présidents (Donald) Trump et Bolsonaro et nos deux équipes de créer une (relation) réellement transformée entre nos deux nations', a déclaré M. Pompeo.

'Les Etats-Unis sont prêts à travailler à vos côtés' sur le plan économique 'mais aussi de la sécurité', a-t-il ajouté. Il a également évoqué une 'opportunité de travailler ensemble contre les régimes autoritaires', allusion à Cuba et au Venezuela, et fait une référence voilée à la nécessité de freiner l'expansionnisme chinois.

La politique étrangère de Jair Bolsonaro sera très 'trumpienne': rejet du multilatéralisme et des régimes étrangers de gauche, rapprochement avec Israël, critique de la Chine ou climato-scepticisme.

'Bonne direction'

Dans ces deux discours d'investiture mardi, Jair Bolsonaro s'est lancé dans une croisade contre la corruption, la violence et l'idéologie de gauche tout en insistant sur la place des valeurs 'judéo-chrétiennes'.

C'est sur ce programme que 55% des électeurs ont élu en octobre cet ancien capitaine de l'armée. Et aujourd'hui 75% des Brésiliens estiment que les mesures déjà annoncées 'vont dans la bonne direction'.

/ATS
 

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