Le monde de la santé veut une action climat face à la pandémie

Le monde de la santé demande aux gouvernements d'étendre l'action sur le climat lors de la ...
Le monde de la santé veut une action climat face à la pandémie

Le monde de la santé veut une action climat face à la pandémie

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Le monde de la santé demande aux gouvernements d'étendre l'action sur le climat lors de la COP26 qui démarre fin octobre à Glasgow. L'OMS a lancé lundi à Genève un appel, aux côtés de centaines d'organisations représentant plus de 45 millions de personnels de santé.

Dans un rapport de l'institution sur le changement climatique et la santé, dix revendications sont lancées. Les Etats doivent s'engager à une relance favorable à la santé, à mettre celle-ci au centre de l'action climatique ou encore à établir des dispositifs de santé durables.

Energies renouvelables, villes et transports durables, protection de l'environnement, systèmes alimentaires sains, financements équitables et association du personnel de santé aux efforts sur le climat sont demandés. Des appels qui sont relayés par le personnel de santé qui souhaite un effort supplémentaire des pays riches.

La pandémie a montré le lien important entre 'êtres humains, animaux et environnement', affirme le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus. Et d'appeler à tout faire pour limiter le réchauffement à 1,5°C, bien loin de ce qui est anticipé par l'ONU actuellement si les efforts n'augmentent pas.

'Nous répondons déjà aux dommages de santé provoqués par le changement climatique', ajoute également M. Tedros. Le rapport de l'OMS et la lettre ouverte des centaines d'institutions, dont trois établies en Suisse, sont publiés alors que les situations météorologiques extrêmes sont 'sans précédent' et les impacts climatiques font de plus en plus de victimes, dit l'organisation.

Avantages plus grands que les dépenses

'C'est une possibilité claire pour les professionnels de santé de faire une différence dans les discussions', a affirmé à la presse une sous-directrice générale de l'OMS. Ceux-ci demandent notamment d'associer davantage la santé dans l'évaluation des coûts du changement climatique.

Les centres de santé sont perturbés alors qu'ils sont confrontés à la pandémie et les maladies liées à la nourriture, à l'eau ou à des propagations par des intermédiaires augmentent. La pollution de l'air provoque 13 décès par minute.

Pour protéger la santé, il faut étendre largement les efforts, ajoute le rapport. Les avantages d'une action climatique dépassent largement les dépenses.

Selon une estimation de 2019 de l'OMS, jusqu'à 250'000 personnes supplémentaires par an pourraient décéder en raison du changement climatique d'ici 2030. En appliquant les dispositifs de protection et en investissant dans la santé, presque toutes pourraient être sauvées, insiste encore un responsable de l'institution.

'Il n'a jamais été aussi clair que la crise climatique est l'une des plus grandes urgences de santé auxquelles nous sommes confrontés', estime la directrice de l'environnement, du changement climatique et de la santé à l'OMS, Maria Neira, qui souhaite 'une COP de la santé'. Selon elle, 'il n'y a pas d'excuse pour ne pas mener une action', alors que la pandémie a montré les vulnérabilités de la société et que des millions de professionnels de la santé le demandent.

Appel pour décarboniser aussi la santé

L'OMS 'ne veut même pas considérer' un scénario d'un réchauffement bien plus élevé que les 1,5°C, affirme aussi Mme Neira. 'La santé serait la première à être affectée', dit-elle.

Parmi les dispositifs que l'OMS souhaite, des réductions de la pollution aux seuils recommandés par l'organisation permettraient de diminuer de 80% le nombre de victimes de ce problème. Une alimentation plus adaptée pourrait également réduire largement les émissions de gaz à effet de serre et éviter des millions de décès dans les différents pays.

La présidence britannique de la COP26 veut lancer une initiative pour décarboniser la santé. Si celle-ci était un pays, elle serait le cinquième plus grand responsable d'émissions de gaz à effet de serre, selon Mme Neira. L'OMS et la communauté de la santé se disent prêtes à contribuer à ce large effort.

/ATS
 

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