Les Etats membres de l'OMS réunis dans un contexte de tensions

Les 194 pays de l'OMS se réunissent dès lundi en pleines tensions sur la pandémie. Le directeur ...
Les Etats membres de l'OMS réunis dans un contexte de tensions

Les Etats membres de l'OMS réunis dans un contexte de tensions

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

Les 194 pays de l'OMS se réunissent dès lundi en pleines tensions sur la pandémie. Le directeur général et les discussions sur Taïwan et sur un vaccin seront observés. Symbole de gravité, la Suisse a choisi la présidente de la Confédération pour ouvrir la rencontre.

Malgré l'annulation de toutes les réunions principales prévues à l'ONU à Genève depuis le début de la crise, l'OMS a tenu à maintenir l'Assemblée mondiale de la santé, mais raccourcie sur deux jours et à distance. Les pays font face à un coronavirus qui a provoqué déjà plusieurs millions d'infections et plus de 300'000 décès.

La discussion doit permettre de tenter de rétablir une collaboration face au Covid écornée par les différends entre les Etats-Unis et la Chine notamment. Preuve de la situation inhabituelle que provoque cette crise, elle sera ouverte par Simonetta Sommaruga, alors que le conseiller fédéral en charge de la santé, Alain Berset, la lançait ces dernières années.

Impossible pour le moment de savoir si le gouvernement américain s'exprimera tant il a cherché ces dernières semaines à réduire les contacts avec l'OMS et son directeur Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le président américain Donald Trump a suspendu pour deux mois la contribution de son pays, la plus importante, au financement de l'organisation. Une situation qui inquiète les médecins dans tous les pays qui ont appelé il y a quelques jours à soutenir l'institution.

Demande par des dirigeants

M. Trump accuse la Chine et M. Tedros d'avoir caché des données au début de la pandémie et, plus largement, l'OMS d'être trop proche de Pékin. Certains observateurs et gouvernements y ont vu une tentative d'éloigner l'attention sur sa réponse à la crise dans son pays, considérée comme tardive par certains.

De son côté, la Chine a laissé entendre à plusieurs reprises que le virus pourrait avoir été importé chez elle par les Etats-Unis. Ces tensions se répercutent aussi sur un différend de plusieurs années entre eux, la possibilité pour Taïwan de participer comme observateur à l'Assemblée mondiale.

Reconnue pour sa réponse à la pandémie qui a limité le nombre de cas chez elle, l'île n'a plus été conviée depuis plusieurs années. Selon l'OMS, seule l'Assemblée peut donner l'ordre au directeur général d'inviter des observateurs. Une position que contestent certains, y compris d'anciens responsables de l'organisation. Une dizaine de pays, dont les Etats-Unis, ont demandé à M. Tedros d'associer Taïwan à cette réunion.

Sur le fond, les défis seront aussi importants. Près de 150 personnalités mondiales, dont plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement et l'ancienne présidente de la Confédération Ruth Dreifuss, demandent aux Etats des engagements sur un futur vaccin ou de futurs médicaments.

Suisse pour l'accès équitable à un vaccin

Elles souhaitent que ceux-ci, une fois validés, soient fabriqués rapidement et sans brevet, dans des milliards de doses. Le patient doit pouvoir accéder gratuitement à ces produits dans tous les pays et des millions de travailleurs de santé doivent être aidés.

Il y a quelques semaines, l'OMS, le président français Emmanuel Macron et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avaient lancé une initiative pour garantir un accès équitable à un possible vaccin. Les Etats-Unis ne se sont pas associés, ni à la réunion de donateurs qui a suivi une dizaine de jours plus tard et qui a rassemblé près de 8 milliards de francs. Certains leur reprochent de chercher à sécuriser des doses pour leurs citoyens.

En lien avec l'initiative, l'UE a mené depuis un mois des efforts pour une résolution à l'Assemblée mondiale pour un cercle volontaire de brevets qui permettraient de garantir un accès à tous. La question des médicaments a toujours été difficile pour la Suisse en raison de l'importance de ses entreprises pharmaceutiques.

Début mai, Mme Sommaruga avait elle dit que tous les pays doivent bénéficier d'un accès au diagnostic, aux médicaments et au vaccin contre le coronavirus. Or, selon des sources convergentes, la Suisse fait partie des pays, avec les Etats-Unis, qui se sont opposés dans la discussion sur la résolution à un 'bien commun mondial' sur un futur vaccin.

Le compromis qui devra encore être approuvé répète lui seulement le 'droit' à 'renverser légalement' les règles sur la propriété intellectuelle en cas de besoin de santé publique, sans régler la question de brevets volontairement ouverts ou non. Il relève aussi le rôle central de l'OMS dans la lutte contre le coronavirus. Outre la pandémie, la réunion doit elle notamment élire des membres au Conseil exécutif de l'institution. Elle pourrait aborder plus tard dans l'année d'autres questions.

/ATS
 

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