Macron dévoile la prison française de demain

Les individus condamnés à moins de six mois de prison en France vont pouvoir exécuter leur ...
Macron dévoile la prison française de demain

Macron dévoile la prison française de demain

Photo: KEYSTONE/EPA/GUILLAUME HORCAJUELO

Les individus condamnés à moins de six mois de prison en France vont pouvoir exécuter leur peine hors des établissements pénitentiaires. Voici l'une des mesures présentées mardi par Emmanuel Macron pour désengorger les prisons.

Le président souhaite par ailleurs interdire les peines de prison de moins d'un mois, a-t-il expliqué devant l'Ecole nationale d'administration pénitentiaire à Agen, dans le Lot-et-Garonne.

Chaque année, près de 10'000 personnes sont condamnées en France à moins d'un mois de prison et 80'000 à une peine comprise entre un et six mois de prison. Le plus souvent, ces sanctions concernent des délits de la route, des vols ou l'usage de drogue.

Mais les prisons françaises débordent. M. Macron veut à la fois lutter contre la surpopulation carcérale et redonner un sens à la prison. 'Les peines inférieures ou égales à un mois seront proscrites parce qu'elles ne servent à rien. Elles ne permettent aucun contrôle, aucun suivi', a résumé le président sur Twitter.

Les peines de un à six mois pourront, elles, être effectuées sous surveillance électronique. Pour les délits les moins graves, les juges seront encouragés à prononcer des peines alternatives - bracelet électronique à domicile ou travaux d'intérêt général -, pour l'instant encore peu utilisées en France.

En revanche, les peines de prison de plus d'un an devront être effectivement et aussitôt exécutées. Leur éventuel aménagement sera laissé à l'appréciation du juge qui prononce la peine, au cas par cas.

Davantage de surveillants

Emmanuel Macron a enfin annoncé la création de 1500 postes de 'conseiller d'insertion et de probation'. Actuellement, 4000 personnes assurent le suivi des personnes condamnées par la justice, emprisonnées ou non, un nombre jugé insuffisant. Ce plan intervient quelques semaines après un vaste mouvement de protestation des surveillants de prison, qui avaient bloqué plusieurs établissements mi-janvier après une série d'agressions outre-Doubs.

Avec un taux d'occupation de 200% en région parisienne et de 120% au niveau national, dans ses 188 prisons, la France figure parmi les pires élèves d'Europe. Au 1er janvier dernier, 68'974 détenus s'entassaient dans 59'765 places, une situation qui a déjà été condamnée par la Cour européenne des Droits de l'Homme.

/ATS
 

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