Peu à attendre d'un mini-sommet sur la crise migratoire

Angela Merkel elle-même n'attend pas de solution du mini-sommet de dimanche à Bruxelles sur ...
Peu à attendre d'un mini-sommet sur la crise migratoire

Peu à attendre d'un mini-sommet sur la crise migratoire

Photo: KEYSTONE/EPA/CHRISTIAN BRUNA

Angela Merkel elle-même n'attend pas de solution du mini-sommet de dimanche à Bruxelles sur la crise migratoire. Face aux pays ouverts à la discussion, d'autres proposent la fermeture des frontières extérieures de l'UE, à l'image du premier ministre bulgare.

'Nous savons qu'il n'y aura pas de solution au niveau des 28 Etats membres pour un paquet d'ensemble sur les questions migratoires' lors du sommet des 28 et 29 juin à Bruxelles, a déclaré vendredi la chancelière allemande au cours d'une visite au Liban. Elle a insisté sur la nécessité de trouver plutôt 'des accords bilatéraux, trilatéraux et multilatéraux' lors d'un mini-sommet séparé consacré à cette question dimanche.

La chancelière pense en particulier à des pays comme l'Italie, la Grèce ou encore la Bulgarie. Du fait de leur situation géographique, ils portent depuis des années le plus lourd fardeau en matière d'accueil des migrants.

Crise intérieure

'Dimanche sera l'occasion d'un premier échange avec les Etats intéressés', a poursuivi Angela Merkel, soulignant qu'il s'agissait d'une réunion de travail et qu'il n'y aurait pas de déclaration commune finale. Elle cherche par là à tempérer les attentes alors que les partis allemands sont fort divisés et qu'elle joue sa survie politique.

L'aile droite de la coalition gouvernementale exige des solutions pour fin juin au plus tard visant à renvoyer les migrants arrivant en Allemagne dans les pays où ils ont été enregistrés en premier, le plus souvent l'Italie ou la Grèce. Ce que Rome refuse. Le ministre de l'intérieur, Horst Seehofer, membre parti bavarois CSU menace alors de refouler aux frontières tous les migrants déjà enregistrés dans un pays de l'UE début juillet.

Angela Merkel pourrait le limoger s'il agit de son propre chef, sans son aval. Ce qui précipiterait l'éclatement de sa coalition gouvernementale.

Mini-sommet

Au moins 16 pays ont 'signalé' leur intention de participer au mini-sommet de dimanche. La rencontre, dont l'idée a pris forme lors du sommet franco-allemand de Meseberg, devait réunir dans un premier temps huit pays: la France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Autriche, la Bulgarie, la Grèce, Malte et l'Italie, qui exige une meilleure répartition de la charge logistique et financière.

Huit autres dirigeants ont ensuite manifesté leur volonté d'y participer: la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Slovénie et la Croatie, selon Alexander Winterstein, porte-parole de la Commission européenne. L'invitation reste ouverte. Mais les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), favorables à une ligne dure sur l'immigration, ont exclu de participer à ce rendez-vous.

Fermer les frontières

Ainsi la Bulgarie, qui assure jusqu'à la fin du mois la présidence de l'UE, veut fermer immédiatement les frontières extérieures de l'UE aux migrants. Son premier ministre Boïko Borissov fera cette proposition dimanche au mini-sommet de Bruxelles.

Sofia demandera également la mise en place en dehors de l'UE, en Libye et en Turquie, de centres chargés de faire le tri entre les réfugiés qui fuient les pays en guerre et les migrants économiques. Une fois endigués les flux migratoires, l'UE pourra s'occuper des centaines de milliers de migrants déjà en Europe, prenant en charge les vrais réfugiés et renvoyant les autres chez eux, selon le chef du gouvernement bulgare .

La Bulgarie espère ainsi rassurer les pays d'Europe centrale et d'Europe orientale qui refusent de se voir imposer des quotas de migrants par Bruxelles. Devant le Parlement bulgare, le premier ministre a précisé vendredi qu'il aurait de nouvelles discussions sur ce dossier avec son homologue hongrois Viktor Orban.

La République tchèque est également prête à refouler les migrants arrivant à sa frontière, si l'Allemagne et l'Autriche prennent une telle mesure, comme envisagée récemment par le ministre allemand de l'Intérieur. 'On peut prévoir que l'Autriche prendra la même mesure et dans ce cas-là, nous ferons aussi la même chose', a déclaré devant la presse Andrej Babis.

Appel à la solidarité

Le commissaire européen Günther Oettinger estime pour sa part que toute l'Europe doit faire montre de solidarité envers ceux qui sont les plus affectés, les Grecs, Malte, Chypre, la Bulgarie, l'Italie et l'Espagne. Il faut alléger leur fardeau et rembourser une partie de leurs coûts et de leurs efforts', a dit le commissaire allemand à Luxembourg.

L'Union européenne doit saisir l'occasion du débat actuel sur la politique migratoire pour définir 'une approche nouvelle et unifiée' de ce dossier, a pour sa part déclaré le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi. Cette approche doit répondre aux besoins de tous les pays dans la gestion de leurs frontières et de leur politique migratoire', ajoute Filippo Grandi.

/ATS
 

Actualités suivantes

Articles les plus lus