Premier retour du Nobel Malala Yousafzai au Pakistan depuis 2012

Malala Yousafzai, prix Nobel de la paix en 2014 et militante des droits de la femme, s'est ...
Premier retour du Nobel Malala Yousafzai au Pakistan depuis 2012

Les larmes de la Nobel de la Paix Malala, de retour au Pakistan

Photo: KEYSTONE/AP/MARKUS SCHREIBER

Malala Yousafzai, prix Nobel de la paix en 2014 et militante des droits de la femme, a retrouvé dans les larmes son Pakistan natal jeudi. Il s'agit de sa première visite dans son pays depuis qu'elle a réchappé à un attentat en 2012.

'Je suis très heureuse. Je n'arrive toujours pas à croire que je suis ici', a-t-elle déclaré, très émue, dans un discours prononcé à la résidence du Premier ministre Shahid Khaqan Abbasi à Islamabad, quelques heures après une arrivée qui a pris le pays de court. 'Ces cinq dernières années j'ai toujours rêvé de pouvoir revenir dans mon pays', a-t-elle lancé devant le public.

'Nous sommes vraiment ravis que notre fille, qui a fait beaucoup pour le nom du Pakistan, soit de retour à la maison', a déclaré de son côté M. Abbasi. 'Le monde vous a accordé beaucoup de respect et vous recevrez un respect total ici'.

Visite de quatre jours

La jeune femme et ses parents ont atterri au petit matin à l'aéroport d'Islamabad. Leur visite, qui doit durer quatre jours, n'avait pas été annoncée et leur itinéraire n'a pas été rendu public 'pour des raisons de sécurité', ont indiqué les autorités. La famille se déplace sous forte escorte policière.

On ignore en revanche à ce stade si la jeune femme, aujourd'hui âgée de 20 ans, entend se rendre dans son district natal de Shangla, dans la vallée de Swat (nord-ouest).

La jeune fille a réchappé en 2012 à une tentative d'assassinat par des talibans pakistanais. Blessée puis soignée en Angleterre, où elle vit depuis, elle s'est faite championne du droit des femmes à l'éducation.

Malala, prise pour cible en raison de sa campagne pour l'éducation des filles, s'est vue décerner le Prix Nobel de la paix en 2014, conjointement avec l'Indien Kailash Satyarthi pour leur travail en faveur du droit à l'éducation pour les enfants.

Arrivée saluée

Nombre de ses compatriotes ont salué l'annonce de son arrivée, notamment dans sa vallée de Swat. Rida Siyal, une lycéenne, s'en est réjouie: Malala 'était une bonne amie à moi. Je n'aurais pas imaginé qu'elle revienne un jour au Pakistan et à Swat'. Malala 'a vaincu les forces obscures de la peur. Elle est un modèle pour nous. Nous sommes ravis qu'elle revienne', a-t-elle ajouté.

'Bienvenue à #MalalaYousafzai, la courageuse et résistante fille du Pakistan, de retour dans son pays', a de son côté écrit l'homme politique Syed Ali Raza Abidi sur Twitter. 'Chers Pakistanais, Malala n'est pas votre ennemie. Vos ennemis sont les monstres qui lui tiré dessus à bout portant', a souligné une autre internaute.

Malala avait exprimé le souhait de revenir. 'J'espère que je pourrai un jour rentrer au Pakistan. C'est dur de ne pas voir sa maison, sa famille et ses amis pendant plus de cinq ans', avait-elle déclaré en janvier dernier au Forum économique de Davos (WEF).

Emancipation

Après avoir vécu avec sa famille à Birmingham, dans le centre de l'Angleterre, où elle a étudié dans une école pour filles, Malala poursuit aujourd'hui des études d'économie, de philosophie et de sciences politiques à l'université d'Oxford.

Elle avait été dénoncée dès le départ par les cercles islamistes radicaux opposés à l'émancipation des femmes. Mais la défiance à son endroit a gagné une partie de la classe moyenne, favorable au droit à l'éducation mais qui ne supporte pas de voir ainsi ternie l'image du Pakistan et se montre sceptique envers la lutte contre les islamistes armés, perçue comme d'inspiration américaine.

Climat de peur

Du haut de ses 11 ans, cette fillette très influencée par son père, directeur d'école, mais dont la mère est illettrée, alimentait un blog sur le site de la BBC en ourdou, la langue nationale du Pakistan. Sous le pseudonyme de Gul Makai, elle y décrivait le climat de peur régnant dans sa vallée.

Le nom de cette gamine pleine de sang-froid, amoureuse des livres et du savoir, a alors commencé à circuler dans le Swat, puis dans le reste du pays lorsqu'elle a remporté un prix national pour la paix.

Le 9 octobre 2012, des djihadistes du TTP (talibans pakistanais) avaient fait irruption dans le bus scolaire de Malala à la sortie des classes. L'un d'eux avait demandé qui elle était avant de lui tirer une balle dans la tête.

/ATS
 

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