Restrictions au Luxembourg, l'OMS préoccupée par les plus pauvres

Le Luxembourg a annoncé lundi la fermeture des bars, des restaurants, des lieux culturels et ...
Restrictions au Luxembourg, l'OMS préoccupée par les plus pauvres

Restrictions au Luxembourg, l'OMS préoccupée par les plus pauvres

Photo: KEYSTONE/FABRICE COFFRINI

Le Luxembourg a annoncé lundi la fermeture des bars, des restaurants, des lieux culturels et des salles de sport dès jeudi et jusqu'au 15 décembre. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) se dit préoccupée par le sort des plus pauvres dans la ruée sur les vaccins.

'La situation n'est pas catastrophique, mais nous voulons bénéficier d'une marge de manoeuvre, notamment pour assurer normalement les soins hospitaliers à moyen terme', a expliqué le Premier ministre libéral Xavier Bettel. Le gouvernement luxembourgeois avait repoussé jusqu'à présent de nouvelles mesures restrictives.

Le nombre de visiteurs à domicile, qui était de quatre personnes extérieures, est ramené à deux. Déjà en vigueur, le couvre-feu de 23 heures à 6 heures restera en place jusqu'à mi-décembre. Les commerces resteront ouverts. Avec 1279 cas de Covid-19 pour 100'000 habitants, le Luxembourg a le taux d'infection sur 14 jours le plus élevé de l'Union européenne.

Vaccins pour les plus pauvres

Lundi encore, le jour même où un troisième vaccin contre le Covid-19 a montré des résultats préliminaires prometteurs, le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a indiqué lors de la désormais traditionnelle conférence de presse de l'agence onusienne que 'les plus pauvres et les plus vulnérables risquent d'être piétinés dans la ruée sur les vaccins'.

'Avec les plus récents résultats positifs des essais cliniques sur des vaccins, la lumière au bout du tunnel brille désormais plus fort. Il y a maintenant un réel espoir que les vaccins combinés avec d'autres mesures de santé publique qui ont fait leurs preuves vont aider à mettre fin à la pandémie', a-t-il déclaré.

Pour éviter que les pays les plus riches n'achètent toutes les doses de vaccins qui dans les premiers mois ne seront disponibles qu'en quantités limitées, l'OMS a mis en place un mécanisme appelé ACT-Accelerator qui doit permettre de distribuer équitablement les vaccins et autres traitements éventuels. Mais pour cela il faut 4,3 milliards de dollars immédiatement, a rappelé le docteur Tedros, et il en faudra 23,8 de plus l'année prochaine.

'Nous ne reculerons devant aucun effort pour assurer l'accès abordable et équitable (aux vaccins, tests et traitements, NDLR) de tous', avaient écrit dimanche dans leur déclaration finale les dirigeants du G20.

L'OMS espère par ailleurs que l'équipe scientifique internationale, qu'elle a montée pour trouver les origines du virus qui a provoqué la pandémie de Covid-19, pourra se rendre sur le terrain en Chine 'bientôt'. Pour l'heure, l'OMS a réussi à envoyer une équipe de reconnaissance en Chine en juillet.

Dette

Le coronavirus impacte aussi les budgets étatiques. Le gouvernement allemand a revu à la hausse ses prévisions d'endettement pour 2021, en raison de la seconde vague de Covid-19 qui l'a poussé à prolonger les aides à son économie, selon un document officiel que s'est procuré l'AFP lundi.

Le ministère des Finances prévoit d'emprunter 166 milliards d'euros supplémentaires l'an prochain, soit près de 70 milliards d'euros de plus par rapport à la dernière estimation de septembre. Cette aggravation du déficit budgétaire fédéral s'explique en grande partie par 'la prolongation des aides contre le coronavirus', selon ce document.

La Commission des Finances du Bundestag, chambre basse du Parlement, doit se réunir jeudi pour approuver ce budget. Il dérogera une nouvelle fois à la sacro-sainte règle du 'frein à l'endettement', inscrit dans la Constitution allemande, interdisant au gouvernement fédéral d'emprunter chaque année plus de 0,35% de son PIB.

Les 'sages' économiques, un conseil d'expert très influent qui conseille le gouvernement, ont appelé en novembre à préparer dès à présent une 'normalisation' des politiques économiques. Le gouvernement de coalition d'Angela Merkel assure que son objectif est de revenir à ses règles constitutionnelles dès 2022.

50'000 morts

En Italie, premier pays européen touché par la pandémie de nouveau coronavirus au printemps dernier, la barre a dépassé lundi les 50'000 morts, selon le bilan des autorités sanitaires, dont 15'000 depuis le 1er septembre, pour plus de 1,4 million de cas positifs. Le pic de décès en une seule journée remonte au 27 mars (969), lorsque tout le pays était confiné.

Dans la bande de Gaza, territoire dirigé par le Hamas, la situation sanitaire devient 'hors de contrôle', ont alerté lundi des sources médicales et politiques dans cette enclave palestinienne surpeuplée et sous blocus israélien. Le territoire enregistre ces jours-ci des records de contaminations quotidiennes par le nouveau coronavirus.

En Cisjordanie occupée, autre territoire palestinien mais dirigé par l'Autorité palestinienne, un couvre-feu va être imposé pendant 14 jours en soirée et le week-end, a annoncé lundi le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh, faisant état d'une 'propagation préoccupante' du virus. À partir de vendredi, seuls les boulangeries, pharmacies et supermarchés resteront ouverts, a-t-il indiqué.

L'Algérie, l'un des pays d'Afrique les plus touchés par la pandémie, enregistre une flambée de cas. En première ligne depuis neuf mois, les soignants algériens paient un lourd tribut avec 120 morts et plus de 9000 contaminés par le nouveau coronavirus, a annoncé lundi le ministère algérien de la Santé. De nombreux médecins ont lancé des cris d'alarme en demandant à la population de respecter les mesures barrières et de ne sortir qu'en cas de nécessité.

Opposants aux masques tancés

Le pape François a tancé, dans un livre dévoilé lundi, les opposants aux masques et autres restrictions imposées pour endiguer la pandémie. Selon lui, ils ne protesteraient 'jamais' contre la mort de George Floyd.

François, 83 ans, s'en prend aussi longuement sans les nommer, 'aux gouvernements qui ont ignoré les douloureuses preuves de l'augmentation du nombre de morts avec des conséquences inévitables et graves' pour privilégier l'économie. Tout en concédant que 'la plupart des gouvernements ont agi de manière responsable, en imposant des mesures strictes pour contenir l'épidémie'.

La pandémie a fait au moins 1'388'590 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles lundi à 11h00 GMT. Les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé avec 256'798 décès, suivis par le Brésil (169'183 morts), l'Inde (133'738 morts), le Mexique (101'676 morts) et le Royaume-Uni (55'024 morts).

/ATS
 

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