Scandinaves tuées au Maroc: dernières comparutions avant le verdict

Le procès consacré à l'assassinat de deux touristes scandinaves décapitées au Maroc a repris ...
Scandinaves tuées au Maroc: dernières comparutions avant le verdict

Scandinaves tuées au Maroc: dernières comparutions avant le verdict

Photo: KEYSTONE/EPA RITZAU SCANPIX/THOMAS SJOERUP

Le procès consacré à l'assassinat de deux touristes scandinaves décapitées au Maroc a repris jeudi devant le tribunal antiterroriste de Salé, près de Rabat. Les derniers accusés, dont un Hispano-Suisse, ont été auditionnés, selon un journaliste de l'AFP.

Une étudiante danoise de 24 ans, et son amie, une Norvégienne de 28 ans, ont été décapitées mi-décembre au nom du groupe djihadiste Etat islamique (EI) alors qu'elles campaient sur un site isolé dans le Haut-Atlas (sud).

Le procès des 24 prévenus soupçonnés d'être liés directement ou indirectement à la tuerie et d'appartenir à une cellule djihadiste se tient devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Salé depuis le 2 mai.

Sept des accusés, dont un Hispano-Suisse de 25 ans qui s'est installé au Maroc après sa conversion à l'islam, ont été entendus. Le tribunal a rejeté les demandes de la partie civile de convoquer un religieux marocain qui supervise plusieurs écoles coraniques à Marrakech, où plusieurs des prévenus ont suivi des enseignements.

La cour a également rejeté la demande de la partie civile de convoquer le ministre d'Etat chargé des droits de l'Homme, Mustapha Ramid, pour un discours prononcé en 2012 qui avait suscité un tollé et avait été jugé extrémiste.

Lors des audiences précédentes, les principaux suspects ont avoué avoir décapité les touristes ou avoir filmé la scène avec un téléphone portable. Après eux, leurs complices présumés ont nié toute implication dans l'assassinat. Certains ont toutefois revendiqué des idées djihadistes, tandis que d'autres ont nié avoir été embrigadés.

Zones d'ombre sur l'implication du Suisse

L'Hispano-Suisse surnommé 'Abdellah' est pour sa part accusé d'avoir appris aux principaux suspects à utiliser une messagerie cryptée, de 'les avoir entraînés au tir' dans une salle de paintball, d'avoir participé à leurs réunions et planifié avec eux des attaques jamais mises en oeuvre, selon l'acte d'accusation.

Interrogé à son sujet, le chef de la cellule l'a exonéré des accusations le visant. D'autres accusés ont en revanche pointé devant les juges sa 'radicalisation', ses 'positions djihadistes' et son projet de rejoindre l'EI.

'Il y a eu beaucoup de contradictions et de zones d'ombre et certains ont parlé de lui devant le tribunal alors qu'ils ne le connaissent même pas', a déclaré à l'AFP son avocat Me Saad Sahli.

Démenti sur toute la ligne

Longuement interrogé jeudi, l'accusé hispano-suisse a nié toute implication dans le meurtre. 'Je rejette toute idée extrémiste' et 'je ne suis pas responsable des idées des autres', a-t-il assuré.

Le jeune homme a expliqué avoir fait par hasard la connaissance d'Abdessamad Ejjoud, un repris de justice devenu imam hors du champ religieux contrôlé par l'Etat marocain. Cette rencontre a eu lieu via un imam de mosquée également accusé dans ce dossier.

'J'ai invité Ejjoud avec d'autres personnes une seule fois à une partie de paintball. Ce n'est qu'un jeu!', a-t-il argué. L'Hispano-Suisse aurait ensuite 'coupé tout lien avec lui il y a plus d'une année à cause de ses idées extrémistes'.

A propos de ses dépositions à la police, il a évoqué 'des mensonges' et l'absence de 'traducteur'. Affirmant n'avoir ni compte Facebook ni Telegram', il a assuré avoir 'fait une chute de tension' en visionnant 'les 10 premières secondes de la vidéo' du crime, envoyées par sa 'femme'.

Les principaux accusés risquent théoriquement la peine de mort, toujours prononcée au Maroc même si un moratoire est appliqué de facto depuis 1993. La prochaine audience a été fixée au 27 juin.

Pour mémoire, un autre ressortissant suisse interpellé dans la foulée du double assassinat a été jugé séparément et condamné à dix ans de prison à la mi-avril pour 'constitution de bande terroriste' et pour ses liens avec un autre réseau de personnes radicalisées.

/ATS
 

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