Signature de l'accord historique pour la « Macédoine du Nord »

Les ministres grec et macédonien des Affaires Étrangères Nikos Kotzias et Nikola Dimitrov, ...
Signature de l'accord historique pour la « Macédoine du Nord »

Signature de l'accord historique pour la

Photo: KEYSTONE/AP/YORGOS KARAHALIS

Les ministres grec et macédonien des Affaires Étrangères Nikos Kotzias et Nikola Dimitrov, ont signé dimanche un accord historique pour rebaptiser l'Ex-république yougoslave de Macédoine (ARYM) en 'Macédoine du Nord'. Cela lui ouvre la voie vers l'UE et l'OTAN.

Parmi les parrains présents à la cérémonie, sur les rives du lac frontalier de Prespes, figuraient les Premiers ministres, Alexis Tsipras et Zoran Zaev, le négociateur onusien Matthew Nimetz et la représentante de la diplomatie de l'UE, Federica Mohgherini.

'Nous faisons ce jour notre devoir patriotique (...), un pas historique pour refermer les plaies du passé, ouvrir la voie à la coopération pour nos pays, les Balkans et toute l'Europe', a déclaré M. Tsipras. 'Ce pas ne doit pas rester suspendu (...) car nous donnons un exemple pour construire l'avenir contre la haine', a-t-il ajouté.

'Déplacer des montagnes'

Cet accord, prévu pour entrer en vigueur sous six mois, doit lever le verrou grec à l'entrée de Skopje dans l'UE et l'OTAN. Côté macédonien, il doit encore être ratifié par le Parlement, approuvé par référendum et acté par une révision constitutionnelle. Il sera ensuite soumis à la ratification du parlement grec. Si le règlement trébuchait côté macédonien, l'intégration euro-atlantique de Skopje serait stoppée, a prévenu M. Tsipras.

Soldant 27 ans de querelle, ce règlement est d'une 'importance stratégique et peut déplacer des montagnes' pour amener stabilité et prospérité, a pour sa part relevé le social-démocrate Zoran Zaev.

Le compromis a été débloqué par son arrivée au pouvoir en 2017 en succession de la droite nationaliste. L'inquiétude européenne face à l'influence russe dans la région a aussi été déterminante selon les analystes.

Berceau d'Alexandre le Grand

L'accord de 20 pages vise à régler une des dernières querelles héritées du démantèlement de la Yougoslavie. Depuis l'indépendance de son voisin en 1991, la Grèce s'opposait à ce qu'il garde le nom de Macédoine, parce qu'elle a sa propre province septentrionale du même nom qui fut le berceau de l'empire d'Alexandre le Grand, joyau du patrimoine historique grec.

La Macédoine a été admise aux Nations unies en 1993 sous le nom provisoire d'ARYM, mais plus de 140 pays, dont la Russie et les Etats-Unis, ont reconnu le pays des Balkans sous le nom de 'République de Macédoine'.

Skopje espère obtenir une date pour ouvrir ses pourparlers d'adhésion à l'UE lors d'un sommet européen fin juin et une invitation à rejoindre l'OTAN à la mi-juillet.

/ATS