Suspension de l'opération d'évacuation à Alep-est

Le régime syrien a suspendu vendredi l'évacuation de civils et d'insurgés de la ville ravagée ...
Suspension de l'opération d'évacuation à Alep-est

Suspension de l'opération d'évacuation à Alep-est

Photo: Keystone

Le régime syrien a suspendu vendredi l'évacuation de civils et d'insurgés de la ville ravagée d'Alep, faisant craindre une reprise des combats pour la conquête de la dernière poche rebelle. Des milliers d'habitants restent pris au piège.

Lancée jeudi, cette opération d'évacuation devait durer plusieurs jours. Une fois terminée, elle devait permettre au régime de proclamer la reprise totale de la deuxième ville de Syrie et d'enregistrer sa plus importante victoire dans le conflit qui dure depuis 2011.

Mais le processus a connu un accroc, l'armée syrienne accusant les rebelles de 'ne pas respecter les conditions de l'accord'. La raison, selon une source militaire, est que 'les rebelles ont ouvert le feu, ont voulu sortir des armes moyennes et ont voulu prendre des otages', c'est-à-dire des militaires ou des forces prorégime qu'ils détenaient.

Tirs au point de transit

Au point de transit de Ramoussa, sous contrôle gouvernemental, quelques tirs ont été entendus en fin de matinée. Les ambulances et les bus censés évacuer d'autres personnes du réduit rebelle ont dû rebrousser chemin, vides.

Des milices chiites pro-Assad ont ouvert le feu sur des autocars emportant des civils qui quittaient Alep, ont affirmé des insurgés. Des barrages routiers ont été installés, selon eux.

Avançant une autre raison pour la suspension de l'opération, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, a argué du blocage par des groupes rebelles de l'évacuation des blessés des villages chiites prorégime de Foua et Kafraya dans la province voisine d'Idleb (nord-ouest), assiégés par les rebelles.

Le départ de ces blessés était l'une des conditions à l'accord du régime pour permettre l'évacuation du réduit rebelle d'Alep.

Inquiétude pour les civils

La représentante de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Syrie, Elisabeth Hoff, a fait part de son inquiétude pour les civils toujours bloqués dans l'enclave rebelle. 'Il y a encore un grand nombre de femmes et d'enfants de moins de cinq ans qui doivent sortir'. Ces personnes doivent désormais retourner chez elles à cause de l'arrêt de l'opération.

La Russie, alliée du régime syrien, a été elle jusqu'à annoncer que l'évacuation des rebelles et de leurs familles était terminée, et que les troupes syriennes étaient en passe de liquider les 'dernières poches de résistance' à Alep. Mais une source militaire syrienne a maintenu que l'opération était 'suspendue et non finie', sans dire quand elle reprendrait.

40'000 civils

Selon l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura, il reste environ 40'000 civils dans le réduit rebelle et entre 1500 et 5000 combattants et leurs familles. Depuis jeudi, environ 8500 personnes, dont 3000 combattants, ont été évacuées vers des territoires sous contrôle rebelle, selon l'OSDH.

Depuis New York, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a pour sa part exhorté 'toutes les parties' à reprendre les évacuations à Alep. Une réunion du Conseil de sécurité devait se tenir en début de soirée sur la situation dans la deuxième ville syrienne.

Après un siège de plus de quatre mois, une offensive d'envergure et particulièrement destructrice lancée mi-novembre a permis à l'armée et à des milices alliées de reprendre plus de 90% des quartiers que les rebelles contrôlaient à Alep depuis 2012.

/ATS


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