Syrie: crimes contre l'humanité de l'EI sur des minorités sexuelles

L'Etat islamique (EI) a été responsable de crimes contre l'humanité sur des minorités sexuelles ...
Syrie: crimes contre l'humanité de l'EI sur des minorités sexuelles

Syrie: crimes contre l'humanité de l'EI sur des minorités sexuelles

Photo: KEYSTONE/AP/ASMAA WAGUIH

L'Etat islamique (EI) a été responsable de crimes contre l'humanité sur des minorités sexuelles dans les régions de Raqa ou Deir Ezzor, a affirmé jeudi à Genève la Commission d'enquête indépendante de l'ONU sur la Syrie. Celle-ci a aussi ciblé des mariages forcés.

Par le passé, ces enquêteurs de l'ONU avaient déjà considéré que des viols perpétrés par les forces gouvernementales ou les milices qui les soutiennent équivalaient à des crimes contre l'humanité. Ils répètent ce diagnostic dans un rapport publié à Genève et fondé sur plus de 450 témoignages. Ils mettent en cause 20 unités syriennes pour des violences contre les femmes et 15 contre des hommes.

Mais ils élargissement désormais cette qualification de 'crimes contre l'humanité' à des actions des djihadistes en Syrie entre 2013 et 2016. En ciblant des minorités sexuelles en violation du droit international et en les 'privant de leurs droits fondamentaux', le traitement de l'EI à l'égard de ces personnes 'constitue le crime contre l'humanité de persécution', affirment-ils.

La commission d'enquête avait dans le passé estimé que les djihadistes avaient mené un génocide, mais contre la minorité yézidie en Irak. En Syrie, l'EI est aussi responsable de crimes de guerre contre les femmes et les homosexuels, selon le rapport.

Enquête exigée

Les enquêteurs estiment encore que le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham a violé les droits de l'homme en raison d'exécutions ou de règles discriminatoires pour les femmes. Ils appellent à nouveau les parties à mettre un terme aux violences sexuelles et aux détentions arbitraires de victimes de telles pratiques.

Ils réitèrent aussi leur demande à la Cour pénale internationale (CPI) ou à un tribunal spécial de se prononcer sur la situation en Syrie. Et exhortent le gouvernement syrien à mener des investigations et poursuivre les responsables des forces de sécurité qui ont perpétré des violences sexuelles.

Ce besoin judiciaire 'ne doit pas être ignoré', a insisté le président la Commission Paulo Sergio Pinheiro.

/ATS
 

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