Syrie: frappe de la coalition internationale contre des forces pro-Damas

Plus de 100 combattants des forces pro-gouvernementales syriennes ont été tués lors d'un accrochage ...
Syrie: frappe de la coalition internationale contre des forces pro-Damas

Syrie: frappe de la coalition internationale contre des forces pro-Damas

Photo: KEYSTONE/AP Arab 24 network/UNCREDITED

Plus de 100 combattants des forces pro-gouvernementales syriennes ont été tués lors d'un accrochage avec les forces de la coalition internationale sous commandement des Etats-Unis. Selon Washington, ils attaquaient les forces démocratiques syriennes (FDS).

Cette opération menée dans la nuit de mercredi à jeudi a été déclenchée par une attaque du régime contre des positions des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde alliée de Washington dans la lutte antidjihadiste. Ces frappes interviennent sur fond de tensions croissantes entre Damas et Washington, les Etats-Unis accusant le régime d'avoir utilisé des armes chimiques.

'Nous estimons que plus de 100 membres des forces prorégime syriennes ont été tués alors que des affrontements (avaient lieu) avec les Forces démocratiques syriennes et les forces de la coalition', a déclaré jeudi un responsable militaire américain.

Les FDS et la coalition répondaient à une 'attaque (...) contre le quartier général des Forces démocratiques syriennes', a-t-il affirmé. Il a expliqué qu'entre 20 et 30 obus de chars et d'artillerie étaient tombés à environ 500 mètres de ce quartier général. La coalition a riposté avec des tirs d'artillerie et des frappes aériennes. Environ 500 hommes de la coalition sont engagés dans cette riposte, a précisé le responsable américain.

Contact avec les Russes

Les combats ont eu lieu à huit kilomètres à l'est d'une ligne de démarcation fixée par la Russie et les Etats-Unis le long de l'Euphrate, les forces russes opérant à l'ouest et les forces américaines à l'est. 'Les responsables de la coalition ont été régulièrement en contact avec leurs homologues russes avant, pendant et après' les frappes, a ajouté le responsable.

Il n'a pas précisé si les combattants prorégime tués dans cette riposte étaient des Syriens ou bien des étrangers engagés dans une des milices pro-Assad constituées notamment de volontaires libanais et irakiens.

'Dans une nouvelle agression (...) les forces de la coalition ont visé les forces populaires' dans la province de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, a affirmé de son côté la télévision d'Etat syrienne, dans une apparente allusion aux groupes paramilitaires alliés au régime. Elle a fait état de la mort de dizaines de combattants.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, a fait état d'un bilan de 20 morts dans les rangs des forces prorégime. 'Les forces du régime ont frappé à l'artillerie des positions des FDS dans plusieurs villages ainsi que qu'un champ pétrolier', a précisé le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Civils tués

Ailleurs, au moins 36 civils, dont dix enfants et sept femmes, ont été tués et des dizaines blessés jeudi dans de nouvelles frappes aériennes du régime syrien contre la Ghouta orientale, enclave rebelle à l'est de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Selon l'agence officielle Sana, deux civils ont péri à Damas dans des tirs au mortier, dans une apparente riposte des rebelles.

Il s'agit du quatrième jour de bombardements aériens intensifs des forces du régime contre cette région où quelque 400'000 habitants sont assiégés depuis 2013. Ces frappes portent à 185 le nombre total de civils tués dans cette offensive d'une intensité inédite.

Sommet Turquie-Russie-Iran

Sur le plan diplomatique, les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan sont convenus lors d'un entretien téléphonique jeudi d'organiser prochainement à Istanbul un sommet Turquie-Russie-Iran consacré à la Syrie, selon des sources à la présidence turque.

La Russie et l'Iran, qui soutiennent le régime de Bachar al-Assad, et la Turquie, qui appuie l'opposition, avaient tenu un premier sommet trilatéral dans la station balnéaire russe de Sotchi en novembre dernier.

Lors de cette rencontre, M. Poutine avait rallié M. Erdogan et le président iranien Hassan Rohani à l'idée d'organiser une réunion entre représentants du régime et de l'opposition en Syrie. Celle-ci s'est tenue le mois dernier, sans produire de résultat concret.

Si elles soutiennent des camps opposés en Syrie, la Turquie et la Russie ont renforcé ces derniers mois leur coopération sur ce dossier dans le cadre d'un réchauffement de leurs relations après une grave crise diplomatique fin 2015.

Selon les sources présidentielles turques, MM. Erdogan et Poutine sont par ailleurs convenus lors de leur entretien d''accélérer' l'installation de nouveaux postes d'observation dans la province rebelle d'Idleb (nord-ouest de la Syrie), dans le cadre d'une 'zone de désescalade' visant à réduire l'intensité des affrontements.

/ATS
 

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