UE et Ligue arabe prêchent une coopération renforcée entre voisins

Les dirigeants de l'Union européenne et de la Ligue arabe se sont réunis pour la première dimanche ...
UE et Ligue arabe prêchent une coopération renforcée entre voisins

UE et Ligue arabe prêchent une coopération renforcée entre voisins

Photo: KEYSTONE/EPA EGYPTIAN PRESIDENCY/EGYPTIAN PRESIDENCY HANDOUT

Les dirigeants de l'Union européenne et de la Ligue arabe se sont réunis pour la première dimanche à Charm el-Cheikh (est de l'Egypte). La rencontre était placée sous le signe de la coopération renforcée entre les deux régions voisines.

'Aujourd'hui, nous sommes là pour renforcer notre coopération pour le bénéfice de nos peuples. Nous devons faire cela ensemble et ne pas le laisser à des puissances mondiales loin de notre région', a dit le président du Conseil européen Donald Tusk lors de son discours d'ouverture, dans une allusion à la Chine et à la Russie.

Vide laissé par les Etats-Unis

Le sommet intervient à un moment où les Etats-Unis se désengagent de la région, au contraire de la Russie et la Chine, ce qui n'est 'pas nécessairement dans notre intérêt', a assuré dimanche à l'AFP une source de l'UE.

'Nous ne voulons pas voir ce vide (laissé par les Etats-Unis, ndlr) absorbé par la Russie et la Chine', a ajouté une autre source, avant de préciser que les Européens voient le sommet comme une chance de préserver leurs intérêts diplomatiques économiques et de sécurité.

Dans un tweet, le porte-parole de l'Union européenne (UE), Preben Aamann, a souligné que l'UE 'est de loin le plus important partenaire des pays de la Ligue arabe. Autant que la Chine, les Etats-Unis et la Russie combinés.'

Migrations

Donald Tusk a également abordé le dossier des migrations, au coeur des relations entre les deux blocs. Il a appelé à 'travailler ensemble, pays d'origine, de transit et de destination, afin de casser le 'business model' des passeurs et des trafiquants'.

Pour sa part, l'hôte du sommet, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a estimé que l'immigration n'était 'pas un défi' mais un 'secteur prometteur de coopération entre nos pays'.

Il a également souligné la nécessaire collaboration entre les deux rives de la Méditerranée en matière de lutte contre le terrorisme. 'Le danger du terrorisme haineux se propage partout dans le monde (...) et nous avons aujourd'hui plus que jamais besoin de nous dresser ensemble face à ce danger', a-t-il dit dans son discours.

Succès pour l'Egypte

M. Sissi a accueilli les dirigeants de près d'une quarantaine de pays des deux côtés de la Méditerranée dans la station balnéaire, au bord de la mer Rouge, placée sous haute sécurité. Il a salué la 'participation élevée' à ce sommet, signe de succès pour son pays après une période d'instabilité politique et économique causée par la révolte de 2011 et la chute du régime d'Hosni Moubarak.

Selon une source diplomatique occidentale, il s'agit d'une 'bonne opération pour l'Egypte qui montre en organisant ce sommet qu'elle revient sur le devant de la scène diplomatique'.

Le président Sissi avait accueilli dès samedi ses premiers hôtes à Charm el-Cheikh. Parmi eux, le roi Salmane d'Arabie saoudite, le président roumain Klaus Iohannis, dont le pays assume la présidence tournante de l'UE, le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas ou encore le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit.

'Un nouveau départ'

Parmi les rares absents côté européen figurent le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, les dirigeants lituaniens et lettons ainsi que le président français Emmanuel Macron. La France est représentée par son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et l'Allemagne par sa chancelière Angela Merkel.

Les Européens, et leurs homologues des Etats arabes, ont dit vouloir avant tout se concentrer sur la coopération arabo-européenne. Selon le secrétaire général adjoint chargé des affaires internationales, Khaled al-Habbas, la Ligue arabe attend du sommet de Charm el-Cheikh un 'nouveau départ'.

Lundi, au deuxième et dernier jour du sommet, l'accent sera mis plus particulièrement sur les dossiers régionaux dont le Yémen, la Libye, la Syrie ou le processus de paix israélo-palestinien.

/ATS
 

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