Un an d'accord de paix avec les Farc, un anniversaire discret

Il y a un an, la Colombie signait un accord historique avec la puissante guérilla des Farc ...
Un an d'accord de paix avec les Farc, un anniversaire discret

Un an d'accord de paix avec les Farc, un anniversaire discret

Photo: KEYSTONE/AP/FERNANDO VERGARA

Il y a un an, la Colombie signait un accord historique avec la puissante guérilla des Farc. Elle s'engageait ainsi sur le chemin de la paix pour mettre fin à plus d'un demi-siècle d'une guerre fratricide, la plus ancienne du continent américain.

L'anniversaire est marqué vendredi à Bogota par une cérémonie au théâtre Colon, organisée cependant par des associations et qui n'a donc rien d'officiel. Elle doit malgré tout être ouverte par le président Juan Manuel Santos et Rodrigo Londoño, alias 'Timochenko', chef de l'ancienne rébellion aujourd'hui reconvertie en parti politique.

M. Santos a indiqué jeudi qu'il s'entretiendra en outre à huis clos avec l'ex-commandant guérillero. Puis il se rendra en province pour un 'acte symbolique' avec les habitants de Montañita (Caqueta, sud). La municipalité a été particulièrement touchée par le conflit armé, qui a fait plus de huit millions de victimes entre morts, disparus et déplacés.

Le 24 novembre 2016, c'est dans ce même théâtre Colon, non loin du palais présidentiel, que les deux hommes apposaient leurs noms au bas de l'accord de paix, long de quelque 300 pages et négocié pendant quatre ans à Cuba.

Bilan mitigé

Un an plus tard, Farc et gouvernement dressent chacun un bilan contrasté: l'ex-guérilla ne dissimule pas sa déception face aux 'manquements' de l'Etat; Juan Manuel Santos défend l'accord, en attribuant les retards aux derniers 'sursauts' de la guerre, mais il ne cache pas son inquiétude que les Colombiens 'perdent l'espérance dans la paix'.

Quant aux détracteurs de l'accord, menés par Alvaro Uribe, actuel sénateur et précédent président (2002-2010), ils ne désarment pas. D'autant plus qu'approchent les élections auxquelles participeront les Farc, en mars pour les législatives et mai-juin pour la présidentielle.

L'intensité du conflit a pourtant fortement diminué: de 3000 morts en moyenne chaque année à 78 depuis début 2017, selon l'Unité des victimes. Mais déplore Juan Manuel Santos, 'les gens ont la mémoire très courte. Ils ont oublié comment c'était avant'.

Le président colombien cherche à obtenir une 'paix complète' en Colombie en négociant avec l'Armée de libération nationale (ELN). Jusqu'au 9 janvier, la dernière guérilla du pays est en cessez-le-feu, une première en 53 ans de combat.

/ATS
 

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