Un fossé sépare l'Europe et les Etats-Unis sur le dossier iranien

L'Europe et les Etats-Unis restent profondément divisés sur la manière de procéder sur le programme ...
Un fossé sépare l'Europe et les Etats-Unis sur le dossier iranien

Un fossé sépare l'Europe et les Etats-Unis sur le dossier iranien

Photo: KEYSTONE/EPA supreme leader office/SUPREME LEADER OFFICE HANDOUT

L'Europe et les Etats-Unis restent profondément divisés sur la manière de procéder sur le programme nucléaire iranien. Et les Européens se retrouvent désormais pris en sandwich entre les conditions de Washington et celles de Téhéran.

'Je pense que nous sommes toujours très loin d'un compromis', a affirmé Heiko Maas après avoir rencontré coup sur coup le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, puis le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo. 'Nous sommes engagés sur deux voies entièrement différentes', a poursuivi le chef de la diplomatie allemande.

Heiko Maas a dit espérer qu'il serait possible de parvenir à des résultats plus concrets si une rencontre à quatre entre les Etats-Unis, l'Allemagne et la France et la Grande-Bretagne - les deux autres puissances européennes signataires de l'accord de 2015 - pouvait être organisée.

Le ministre allemand a indiqué avoir dit à ses interlocuteurs américains que l'Europe était 'très, très unie' dans son soutien à l'accord qui prévoit un encadrement strict du programme nucléaire de l'Iran en échange d'une levée des sanctions. 'Nous ne voulons pas d'une prolifération des armes nucléaires dans notre voisinage élargi', a-t-il réaffirmé.

Il rappelait ainsi que si les pays européens partagent les inquiétudes américaines concernant le programme balistique iranien et les initiatives de la république islamique au Moyen-Orient, ils estimaient aussi que ces dossiers devaient être abordés sans pour autant remettre en question l'accord de Vienne.

A chacun ses conditions

Donald Trump, en dépit du pressing diplomatique de ses alliés européens, a dénoncé ce traité le 8 mai dernier. Mike Pompeo a exposé en début de semaine les conditions exigées par Washington pour surseoir au rétablissement de ses sanctions contre la république islamique.

Le Guide suprême de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, a lui aussi dressé mercredi sa liste de conditions. Celle-ci compte sept exigences qui devront être respectées par les puissances européennes sous peine de voir Téhéran dénoncer à son tour l'accord de 2015.

Sur son site internet, Ali Khamenei exige que les puissances européennes préservent les ventes de pétrole iranien des sanctions américaines à venir et, deuxième condition, qu'elles continuent d'en acheter. Il attend par ailleurs des banques européennes qu'elles préservent le commerce avec la République islamique.

Rencontre vendredi

L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne devront en outre, quatrième condition, promettre de ne pas chercher à rouvrir de négociations sur le programme iranien de missiles balistiques ni, cinquième condition, sur la politique régionale de Téhéran. Le guide, qui reproche aux Européens d'être restés silencieux face aux 'violations américaines répétées' de l'accord de Vienne leur demande de sortir de ce silence et de 'prendre position contre les nouvelles sanctions américaines'.

Enfin, septième condition, il réclame que les Européens fassent adopter par le Conseil de sécurité des Nations unies une 'résolution contre la violation américaine'.

Des représentants des trois puissances européennes signataires du Plan d'action global conjoint (PAGC) et de la Chine et de la Russie, elles aussi parties prenantes à cet accord, rencontreront ce vendredi à Vienne des représentants iraniens.

/ATS
 

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