Osiris et les mystères engloutis d'Egypte au Musée Rietberg

Osiris et les mystères engloutis d'Egypte au Musée Rietberg

Photo: Keystone

Le Musée Rietberg, à Zurich, invite ses visiteurs à un voyage dans le temps pour découvrir les mystères engloutis d'Egypte. L'institution zurichoise expose 250 objets provenant de récentes fouilles archéologiques sous-marines.

L'exposition 'Osiris - Mystères engloutis d'Egypte' est consacrée au mythe du dieu égyptien Osiris et à son culte dans deux cités englouties depuis 1200 ans. C'est la plus chère et la plus compliquée au niveau logistique mise sur pied par le Musée Rietberg, a indiqué jeudi Albert Lutz, directeur.

Elle a déjà été présentée à Paris et à Londres. Zurich est la dernière étape européenne. Elle y est visible de vendredi jusqu'au 16 juillet.

Cités englouties depuis 1200 ans

Au total, 293 objets sont exposés, dont 250 se trouvaient dans les sédiments sous huit mètres d'eau à l'ouest du delta du Nil à plusieurs kilomètres des côtes égyptiennes actuelles. Les fouilles menées par Frank Goddio, fondateur de l'Institut européen d'archéologie sous-marine (IEASM), ont permis de localiser et trouver les vestiges de Thônis-Héracléion et Canope, deux cités englouties depuis 1200 ans.

Les visiteurs de l'exposition sont accueillis devant le musée par trois statues colossales, dont celle du dieu du Nil Hâpy. Sculptée dans le granit rose, elle mesure 5,4 m de haut et pèse plusieurs tonnes. C'est la plus grande statue à l'effigie d'une divinité trouvée à ce jour en Egypte.

Mythe d'Osiris

A l'intérieur du musée, l'exposition se divise en trois parties. La première raconte le mythe d'Osiris. On remonte ainsi aux origines de l'Egypte avec Osiris, Isis, Horus et Set. A l'entrée de la première salle trônent deux statues d'Osiris et d'Isis datant du 6e siècle avant notre ère.

Le visiteur est ensuite emmené à Thônis-Héracléion et à Canope. Des cartes et des films expliquent l'histoire de ces deux cités, du 8e siècle avant notre ère jusqu'à leur engloutissement il y a 1200 ans environ. Statues, statuettes et objets de culte découverts au fond de l'eau sont exposés.

On peut notamment y admirer une stèle (4e siècle avant notre ère) parfaitement conservée et découverte dans les vestiges d'un temple à Thônis-Héracléion. C'est grâce à cette stèle aux hiéroglyphes intacts que les historiens ont pu résoudre une énigme vieille de plus de 2000 ans: la ville de Thônis décrite dans les textes anciens est la même qu'Héracléion citée par Hérodote.

Procession nautique

Cette deuxième étape de l'exposition explique aussi le rituel des 'mystères d'Osiris' qui se déroulaient chaque année. Une procession nautique emmenait des effigies d'Osiris sur des barques de plus de 10m de long de Thôris-Héracléion jusqu'à Canope, un parcours de 3,5 km.

La troisième partie de l'exposition montre la prospérité du mythe d'Osiris et sa pérennité. Le culte du dieu égyptien s'est poursuivi lorsque l'Egypte est tombée sous l'influence romaine, puis grecque.

Plusieurs écrans diffusent des images d'objets lors de leur découverte. On peut aussi voir un film qui raconte l'histoire des fouilles menées par l'IEASM en collaboration avec le ministère égyptien des antiquités. Tous les objets découverts lors de ses fouilles appartiennent à l'Egypte. Certains objets présentés dans cette exposition sortent d'Egypte pour la première fois.

/ATS
 

Actualités suivantes

Articles les plus lus