Le Parlement donne son feu vert à la réforme de retraites

La réforme des retraites devrait passer le cap du Parlement. Après le Conseil des Etats, le ...
Le Parlement donne son feu vert à la réforme de retraites

Le Conseil des Etats donne son feu vert à la réforme de retraites

Photo: Keystone

Tous les regards se tournent désormais vers le National concernant les retraites. Le vote, prévu en fin de matinée, s'annonce serré. En attendant, le Conseil des Etats a donné jeudi son feu vert à la réforme par 27 voix contre 17.

Si la Chambre du peuple suit, les femmes devront travailler jusqu'à 65 ans. Les rentes LPP baisseraient, mais elles seront compensées par un bonus de 70 francs dans l'AVS.

Le texte final reprend le modèle du Conseil des Etats avec le financement du Conseil national. Ce dernier suffira tout juste, a défendu Konrad Graber (PDC/LU). Mais un non ne permettra pas d'améliorer l'égalité entre les générations.

Le projet atteint plusieurs buts importants, a reconnu Alex Kuprecht (UDC/SZ). Mais le Conseil des Etats a imposé son 'diktat' et il n'y a pas eu de réel compromis. Le bonus 70 francs est une extension de l'AVS jamais voulue, distribuée selon le principe de l'arrosoir. Le financement des assurances sociales n'est pas assuré et les générations à venir en paieront le prix, il faut refuser le projet.

L'UDC a reçu le soutien de Karin Keller Sutter (PLR/SG). Les prestations sont élargies et la situation financière du fonds AVS sera détériorée, a-t-elle fustigé. 'Pas question d'accepter une réforme à tout prix.' Le groupe PLR a décidé tôt le matin de voter groupé contre la réforme.

Trop important

Les 70 francs ne sont pas une raison pour rejeter une réforme aussi importante pour l'avenir des retraites, a répliqué Paul Rechsteiner (PS/SG). La solution trouvée a des chances d'être acceptée par la population. Toutes les réformes se limitant à réduire les prestations ont échoué en votation ces 20 dernières années, a ajouté le président de l'Union syndicale suisse.

Il n'y a plus d'alternative entre les différentes variantes, c'est oui ou c'est non, a constaté le conseiller fédéral Alain Berset. Si rien ne se passe, l'accumulation de déficits dans l'AVS atteindra 41 milliards en 2030 et on ne sera plus en mesure de verser les rentes. Le projet est crucial pour le pays. 'La population mérite le droit de décider' même si le résultat final ne convient pas à tout le monde.

65 ans pour les femmes

Les femmes paient un lourd tribut à la réforme. Elles devront travailler jusqu'à 65 ans dès 2021 sans compensation directe. Pour renflouer l'assurance vieillesse, le taux de TVA sera relevé de 0,6 point de pourcentage.

L'épargne du 2e pilier donnera droit à une rente moins élevée. Le taux de conversion de 6,8% sera abaissé à 6% pour compenser l'allongement de l'espérance de vie et les faibles rendements sur le marché des capitaux. L'abaissement se fera en quatre ans à raison de 0,2% par an.

Pour un avoir LPP de 100'000 francs, un retraité ne touchera ensuite plus que 6000 francs de rente annuelle. Rappelant le rejet par le peuple de la dernière tentative de réduire ce taux, la gauche et le Conseil fédéral ont convaincu la droite de compenser cette perte.

Longue bataille

Les deux Chambres ont bataillé longtemps sur la meilleure manière de le faire. Le National voulait miser uniquement sur une épargne accrue des salariés pour la prévoyance professionnelle. L'UDC, le PLR et le PVL, tenants de cette option, ont dû plier.

La compensation devra se faire dans l'AVS, via un bonus de 70 francs pour les nouveaux rentiers et un relèvement de 150 à 155% du plafond de rente pour les couples mariés. Cette mesure sera financée par une augmentation des cotisations de 0,3 point, partagée à part égale entre employés et patrons.

Dans la prévoyance professionnelle, les cotisations sur les salaires seront un peu plus élevées. Elles resteront à 7% dès 25 ans. Pour les 35-44 ans, les cotisations passeront de 10% actuellement à 11%, avant de monter à 16% pour les 45-54 ans et de culminer à 18% dès 55 ans.

Retraite à la carte

La réforme introduit le principe d'une retraite à la carte, qui pourra être prise entre 62 et 70 ans. Les personnes qui veulent réduire progressivement leur temps de travail pourront le faire, mais celles qui souhaitent s'arrêter avant 65 ans verront leur rente AVS amputée de 6,37% par année anticipée, contre 6,8% actuellement.

Les gens qui veulent travailler au-delà de 65 ans recevront un bonus situé entre 5,2 et 31,5%. Ils continueront à cotiser et pourront demander un nouveau calcul de leur rente AVS à l'âge de 70 ans. Des mesures transitoires sont prévues pour adoucir le choc de la réforme aux plus de 45 ans.

Les rentes pour veufs ou veuves qui ont des enfants seront ramenées de 80% à 60% de la rente AVS. Les orphelins recevront 50% au lieu de 40%.

Sort lié

Les changements touchant au 2e pilier entreront en vigueur à partir de 2019. Les nouveaux prélèvements de TVA et l'élévation progressive de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans commenceront à courir dès 2018.

Le sort des deux volets du projet est lié. La réforme n'entrera en vigueur que si le peuple et les cantons disent oui à la révision de la constitution pour augmenter la TVA. Il ne sera donc même pas nécessaire de lancer un référendum contre l'âge de la retraite des femmes pour tout faire capoter.

/ATS
 

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