La crème des aérostiers mondiaux décollera de Gruyère (FR)

Les contours de la course de ballons à gaz Gordon Bennett se précisent, à 100 jours de son ...
La crème des aérostiers mondiaux décollera de Gruyère (FR)

Les contours de la course de ballons à gaz Gordon Bennett se précisent, à 100 jours de son coup d'envoi à l'aérodrome de la Gruyère (FR). La compétition rassemblera 22 équipages de 13 pays, dont trois équipes suisses.

Le principe de cette compétition plus que centenaire est de parcourir dans les airs le plus grand nombre de kilomètres, au gré des vents. Il n'y a pas de limite de temps. La distance est calculée en ligne droite entre les points de décollage et d'atterrissage.

Si la météo le permet, les équipages s'envoleront au son de leurs hymnes nationaux respectifs le vendredi 8 septembre à 19h30 après la cérémonie. Grâce aux GPS installés à bord, tout un chacun pourra suivre en direct leurs trajectoires à travers l'Europe, depuis chez soi sur internet, ou sur les écrans de l'aérodrome lors de la fête.

Les organisateurs ont présenté la manifestation mercredi devant la presse à Berne. Ils prévoient 8000 spectateurs pour le décollage, et 15'000 sur les trois jours de la fête, qui s'étendra jusqu'au dimanche 10 septembre.

Une grosse centaine de personnes travaillent déjà pour la manifestation et 600 bénévoles seront nécessaires, ont-ils détaillé. La place de fête de 60'000 hectares comptera plus de 50 stands.

Hydrogène

L'équipage thurgovien de Kurt Frieden et Pascal Witsprächtiger est double champion du monde en titre. L'équipe fribourgeoise de Nicolas Tièche et Laurent Sciboz a pour sa part terminé 2e l'an passé.

Enfin, un duo zurichois réunit Walter Gschwendtner et Max Krebs. Les autres participants de cette 61 édition viennent de France, Belgique, Allemagne, Autriche, Espagne, Royaume-Uni, République Tchèque, Lituanie, Pologne, Etats-Unis, Australie et Japon.

Les ballons à gaz sont gonflés à l'hydrogène, plus léger que l'air. Leur autonomie est bien plus grande que celle des montgolfières qui, elles, sont gonflées à l'air chaud.

Ils sont pourtant beaucoup plus petits. A la Gordon Bennett, les ballons décollent avec 1000 m3 d'hydrogène, tandis qu'une montgolfière moyenne atteint 3000 m3. Huit camions amèneront sur place les quelque 22'000 m3 de gaz nécessaires.

Le sable à la cuillère

Chaque équipe est composée d'un pilote, d'un co-pilote et d'un groupe de soutien technique au sol. Dans les airs, le duo doit se partager une nacelle d'un mètre carré pendant potentiellement une soixantaine d'heures. Les partenaires dorment en alternance. Entre jour et nuit, les températures peuvent varier jusqu'à 30 degrés.

Pour monter, on lâche du sable. Pour descendre, on libère du gaz. La navigation est 'très sensible et subtile. On lâche le sable avec une cuillère à soupe', illustre Laurent Sciboz, de l'équipe fribourgeoise.

Bise, vent d'ouest ? France, Allemagne ? Impossible pour l'heure de deviner dans quelle direction s'envoleront les ballons. Il faudra attendre jusqu'à début septembre pour y voir plus clair.

Il faut des compétences techniques et tactiques, une maîtrise parfaite de la météo, auxquelles s'ajoutent une excellente condition physique et de bonnes capacités psychologiques, énumère avec admiration le conseiller national fribourgeois Jacques Bourgeois, parrain de cette édition. Et de souligner qu'organiser cette course est un honneur pour la Gruyère, le canton de Fribourg et la Suisse.

Mythique et méconnue

La Gordon Bennett était très célèbre à ses débuts en 1906 mais elle est devenue moins connue au fil des ans, note toutefois Serge Collaud, directeur de la course 2017. C'est pourquoi les Fribourgeois ont fait le maximum pour attirer un public large.

Ils ont donc mis sur pied une fête globale autour des sports aériens, agrémentée d'un spectacle son et lumière et de toutes sortes d'animations. Le budget atteint environ un million de francs actuellement, dont quelque 700'000 francs en sponsoring.

Le pays d'origine des vainqueurs organise la course deux ans plus tard. Ainsi, l'édition 2018 aura lieu à nouveau en Suisse, sur sol bernois.

/ATS
 

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