A Zurich, le PLR scelle sa nouvelle politique environnementale

Réunis à Zurich, les délégués du PLR suisse ont scellé samedi la nouvelle politique environnementale ...
A Zurich, le PLR scelle sa nouvelle politique environnementale

A Zurich, le PLR scelle sa nouvelle politique environnementale

Photo: KEYSTONE/WALTER BIERI

Réunis à Zurich, les délégués du PLR suisse ont scellé samedi la nouvelle politique environnementale du parti. Après des débats nourris, ils ont adopté le papier de position élaboré suite à un sondage interne, en y ajoutant notamment une taxe sur les billets d'avion.

La possibilité d'introduire une telle taxe ne figurait pas dans le texte initial. La Conférence des présidents de parti (CPP) était contre. La proposition, qui émanait du conseiller aux Etats lucernois Damian Müller, a finalement été approuvée par 121 voix contre 103 et trois abstentions. La présidente du PLR Petra Gössi n'a pas voté.

Concrètement, les représentants libéraux-radicaux ont accepté d'envisager la création d'une taxe 'incitative' sur les billets d'avion 'pour l'innovation et la protection de l'environnement'. Son produit devrait être partiellement versé dans un fonds pour le climat, servant à financer l'innovation et des investissements nécessaires à la protection du climat, tant en Suisse qu'à l'étranger.

Le reste du produit de la taxe serait redistribué. Les passagers en transit en seraient exemptés. Dans le même temps, la Suisse devrait plaider en faveur d'une taxation du kérosène coordonnée au niveau international, qui devrait alors remplacer la taxe sur les billets d'avion. En revanche, il a été refusé de promouvoir les trains de nuit.

Emissions nulles d'ici à 2050

D'autres changements ont été apportés dans le plan de route environnemental du PLR. Dans la partie générale du programme, les délégués ont choisi, à une courte majorité, de soutenir l'objectif de zéro émission de gaz à effet de serre d'ici à 2050 plutôt que 'dans la seconde moitié du siècle'. Là aussi, ils sont allés contre l'avis de la CPP.

Le PLR s'aligne ainsi sur les dernières recommandations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). L'initiative 'pour les glaciers' réclame par ailleurs la même chose.

OGM: moratoire à lever

Dans le domaine de la nature et du paysage, une proposition pour demander la levée du moratoire sur le génie génétique a été approuvée.

Le conseiller national fribourgeois Jacques Bourgeois, directeur de l'Union suisse des paysans, a essayé en vain d'empêcher son adoption. Ce dernier n'a pas eu plus de succès en tentant de faire biffer une phrase indiquant que l'utilisation de produits phytosanitaires doit être réduite de manière 'linéaire et contraignante'.

Une autre proposition a suscité les passions: celle visant à laisser la porte ouverte à la construction de nouvelles centrales nucléaires, interdite dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050. Dans son discours introductif, Petra Gössi avait déclaré que ce n'était pas le moment de revenir sur cette question. Elle a été entendue: l'idée a été repoussée par 181 voix contre 68.

Nombreuses demandes d'amendements

Au total, plus d'une cinquantaine de demandes de modification du document présenté aux délégués avaient été déposées avant l'assemblée. Elles ont toutes été discutées et soumises au vote individuellement pendant la réunion, ce qui a pris un peu plus de trois heures. Le texte final a été validé par 190 voix contre 19 et une abstention.

Elaboré sur la base d'une large consultation menée ces derniers mois auprès de la base (à laquelle ont répondu 14'000 personnes), le papier de position contient une série de mesures rangées sous quatre thématiques: la nature et le paysage, l'habitat, le travail et la formation, ainsi que le transport.

A chaque fois, la même cascade de mesures est envisagée: d'abord la responsabilité individuelle, ensuite les mesures incitatives et enfin - en dernier recours - des restrictions plus poussées.

Ne pas céder le terrain aux 'utopistes'

Avant le début des débats proprement dits, Petra Gössi a exhorté les délégués à ne pas abandonner le terrain de l'environnement aux 'utopistes'. Tançant les autres partis, elle a appelé à ne pas faire comme l'UDC, 'qui met la tête dans le sable et qui nie le problème', ni comme les socialistes et les Verts, 'qui mènent une politique environnementale et climatique basée sur les interdits'.

/ATS
 

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