Accusation et défense plaident avec véhémence leurs thèses opposées

La Cour d'appel du Tribunal cantonal a entendu jeudi Claude D., condamné à la perpétuité et ...
Accusation et défense plaident avec véhémence leurs thèses opposées

Accusation et défense plaident avec véhémence leurs thèses opposées

Photo: Keystone

La Cour d'appel du Tribunal cantonal a entendu jeudi Claude D., condamné à la perpétuité et à l'internement à vie pour avoir tué Marie. Le Ministère public et la défense ont plaidé avec force leurs thèses antagonistes. Verdict vendredi.

A l'issue d'une longue journée dans l'atmosphère étouffante du Tribunal cantonal, les positions des uns et des autres n'ont pas varié. Elles se sont peut-être même renforcées, avec de nombreuses attaques entre les différents protagonistes.

Evolution de l'accusé

D'emblée, la Cour a rejeté la réquisition de la défense qui demandait l'audition du Dr Bruno Gravier qui suit Claude D. depuis des mois. Selon elle, les rapports du psychiatre montrent clairement que l'accusé est 'entré en dialogue', autrement dit qu'il n'est pas inaccessible à tout traitement.

'C'est un thérapeute, un témoin et non pas un expert', a rétorqué le procureur général du canton de Vaud. 'Le manipulateur a été identifié, c'est Claude D., il ne manipulera pas la Cour d'appel', a ajouté Eric Cottier.

Rien n'est logique

Claude D., 40 ans, a ensuite cherché à démontrer qu'il était inconcevable de parler d'un geste prémédité lors de la nuit fatale du 13 au 14 mai 2013 près de Payerne (VD) lorsqu'il a tué Marie, 19 ans. 'Rien n'est logique' dans la démonstration du procureur. Eric Cottier 'induit le tribunal en erreur'.

Les plaidoiries ont commencé à 14h00 pour se terminer à 18h15. Me Yaël Hayat a demandé aux juges de 'casser' le jugement de première instance parce que cette cour n'a pas su 's'excentrer des émotions, prendre de la hauteur, comme si elle avait des comptes à rendre au peuple'.

Totale improvisation

Pour l'avocate, il n'y a pas d'assassinat, mais un meurtre. Claude D. était 'fou amoureux de Marie', selon un témoin, a-t-elle rappelé. Il la considérait comme 'la femme de sa vie', mais voulait quelqu'un d'honnête. Quand elle a voulu mettre un terme à la relation, 'tout bascule et il franchit un point de non-retour'. Elle exclut aussi toute préméditation, 'c'est une totale improvisation'.

'Nous venons chercher une décision judiciaire, nous ne chercherons pas d'excuse, nous voulons une répression juste', a martelé ensuite Loïc Parein, le second défenseur de Claude D. Il a fustigé à de nombreuses reprises le caractère 'politique' du jugement prononcé à Renens.

Droits fondamentaux

Selon lui, il y a une volonté obsessionnelle d''élimination' de Claude D., comme lorsque le Troisième Reich voulait éliminer les incurables. L'avocat a appelé la Cour à 'prendre des risques' et à défendre malgré les pressions politiques les droits fondamentaux dont la Suisse est 'un paradis'. L'internement à vie est 'incompatible' avec ses engagements internationaux.

Pour la défense, les deux expertises psychiatriques de Claude D. divergent et toutes les tentatives de le nier sont vaines, comme le montrent les difficultés du Ministère public. On ne peut pas coller un pronostic à vie dans la bouche d'un psychiatre qui dit ne pouvoir s'exprimer que pour les 5 à 10 ans à venir. L'internement à vie doit être rejeté.

Volonté de domination

Le procureur Cottier a répété ses arguments, à savoir que les deux expertises finissaient par se rejoindre. La peine et la mesure les plus sévères doivent s'appliquer à Claude D., qui n'a jamais été 'un amoureux transi' de Marie. 'C'est un propriétaire' qui veut exercer sa toute-puissance sur sa chose jusqu'à la faire disparaître si nécessaire.

'Une femme n'échappe pas à la volonté de domination de Claude D.' Selon Eric Cottier, 'Claude D. est dénué de tout sentiment, il est le prototype de l'assassin', qui mérite la réclusion à perpétuité. Quant à l'internement à vie, les deux experts ont bien conclu à l'inaccessibilité durable de l'accusé à tout traitement. 'Les réponses vont dans le même sens.'

Risque de récidive

'Claude D. est le même aujourd'hui qu'en 1998 lorsqu'il a tué sa première amie. Il est le même qu'en mai 2013 quand il a assassiné Marie. Il n'a pas bougé d'un pouce', a lancé le procureur. Une manière de réaffirmer le risque de récidive extrêmement élevé de l'individu.

'Il n'y a rien à attendre de Claude D, sauf le pire, il est le mal absolu', a relevé Me Jacques Barillon, qui défend la famille de Marie.

/ATS


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