Action d'Extinction Rebellion pour barrer la route au CO2

Les activistes d'Extinction Rebellion (XR) ont investi samedi une dizaine de villes de Suisse ...
Action d'Extinction Rebellion pour barrer la route au CO2

Action d'Extinction Rebellion pour barrer la route au CO2

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

Les activistes d'Extinction Rebellion (XR) ont investi samedi une dizaine de villes de Suisse pour barrer la route aux voitures. A un mois de la votation sur la loi CO2, les militants se sont individuellement assis sur la chaussée pour sonner l'urgence climatique.

Les activistes se sont mobilisés à Genève, Lausanne, Zurich ou Berne, mais aussi dans de plus petites localités comme Morat (FR). Impossible pour autant de savoir exactement combien de villes, ni le nombre de personnes qui ont participé. 'Comme nous travaillons de manière décentralisée, chaque groupe s'organise de manière indépendante', a expliqué à Keystone-ATS l'un des responsables de l'action, présent à Zurich.

A Genève et Lausanne, plusieurs artères ont été perturbées dans la matinée et dans l'après-midi par cette action 'Rebellion of One'. La plupart des militants ont été délogés et verbalisés par la police, parfois au bout de quelques minutes seulement.

A Lausanne par exemple, le militant qui souhaitait bloquer Saint-François a tenu cinq minutes avant de repartir avec les mains menottées.

Automobilistes furieux

'Je suis terrifié par l'inaction de l'Etat dans la catastrophe écologique', a déclaré un activiste dans le quartier de Plainpalais à Genève, avant de voir sa pancarte confisquée. 'Etant donné l'état de la planète, c'était une évidence pour moi' de faire cette action, a dit cet étudiant de 20 ans.

Parmi les badauds, les réactions ont varié entre soutien, agacement et franche colère. 'Qu'est-ce qu'on en a à foutre du climat ? Il y a toutes les voitures' qui attendent, a invectivé une jeune femme à Genève. Un autre a contesté toute 'catastrophe écologique'.

Au milieu de la cohue, certains conducteurs se sont impatientés. A Lausanne à la rue Saint-Pierre, le militant d'XR qui bloquait le trafic s'est fait brusquement déloger par des automobilistes et des passants, avant que la police n'arrive.

Les activistes ont aussi reçu des soutiens, parfois même des applaudissements. A Genève, un homme plus âgé à vélo s'est plaint d'une jeunesse qui ne sait plus s'activer politiquement.

Vulnérabilité

Chaque membre d'XR avait dû choisir lui-même le site de son opération, avec plusieurs activistes en soutien à quelques pas de lui en cas de problème avec les réactions des automobilistes, des badauds ou de la police.

En s'asseyant seul sur la chaussée, chaque militant a voulu montrer la vulnérabilité des individus face au réchauffement climatique. 'Derrière chaque activiste, il y a des émotions', a affirmé celui de Zurich. 'Le changement climatique n'est pas parti avec la pandémie' et l'effet sera multiplié 'par 10 ou 100' par rapport à celle-ci, a-t-il dit.

Urgence à agir

Après la Grande-Bretagne il y a une semaine, XR va répéter jusqu'en juin l'action 'Rebellion of One' dans des villes de plus de dix pays. En Suisse, celle-ci a été organisée à un mois de la votation sur la loi sur le CO2.

Selon XR, le gouvernement ne va pas assez vite. Les activistes exigent du Conseil fédéral la déclaration de l'urgence climatique, la neutralité carbone d'ici 2025, 25 ans avant la date fixée par le gouvernement, et une Assemblée citoyenne sur la justice climatique et écologique.

/ATS
 

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