Après un tour de chauffe, les discussions de Genève vont s'amorcer

Après le gouvernement syrien vendredi, les représentants de l'opposition ont mené ce week-end ...
Après un tour de chauffe, les discussions de Genève vont s'amorcer

Après un tour de chauffe, les discussions de Genève vont s'amorcer

Photo: Keystone

Après le gouvernement syrien vendredi, les représentants de l'opposition ont mené ce week-end de premiers échanges à Genève avec l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura. Ils sont disposés à participer aux discussions indirectes.

Arrivée samedi en fin de journée, la délégation du Haut Comité des négociations (HCN) a dit dimanche avoir obtenu l'assurance que la communauté internationale veut faire appliquer la résolution 2254 du Conseil de sécurité. La veille, elle avait d'emblée menacé de se retirer avant même le début des discussions.

Jusqu'à présent, elle faisait de la levée des sièges en Syrie, 14 selon M. de Mistura, et de la fin des bombardements sur les civils une précondition avant toute négociation indirecte. Elle demande aussi la libération de quelque 3000 femmes et enfants détenus.

M. de Mistura a brièvement rencontré dimanche 'de manière informelle' les représentants de l'opposition à leur hôtel. A la sortie, il s'est dit 'optimiste et déterminé' pour la suite des pourparlers sur la Syrie. 'Les négociations vont continuer', a-t-il dit.

M. de Mistura recevra séparément lundi à Genève les émissaires du régime de Damas puis les délégués de l'opposition, selon un communiqué de l'ONU. Il échangera à 11h00 avec les représentants du président Bachar el-Assad, qu'il a déjà reçus formellement vendredi. Il recevra ensuite formellement, pour la première fois, à 17h00, les représentants du HCN.

Turquie visée

Les garanties reçues dimanche ne semblent pas avoir convaincu l'ensemble des opposants présents à Genève. L'un d'entre eux présente à Genève, Basma Kodmani, a précisé que le dialogue indirect ne débuterait pas sans mesures humanitaires concrètes sur le terrain.

Un élément qui ne satisfait pas la délégation du régime syrien. Dimanche, son chef Bachar al-Jaafari s'est exprimé pour la première fois devant la presse depuis sa rencontre deux jours plus tôt avec M. de Mistura.

Si le gouvernement est disposé à discuter des thèmes chers à l'opposition, il n'accepte 'ni précondition, ni interférence étrangère', a souligné l'ambassadeur syrien à l'ONU. Il a notamment ciblé la Turquie et les pays qui utilisent la Syrie 'pour un agenda' extérieur.

Négociateur en chef

Dimanche soir, Mohamed Allouche, représentant du puissant mouvement rebelle syrien Djaïch al Islam, a annoncé son départ pour Genève. Il entend y démontrer que le gouvernement syrien ne veut pas d'un règlement pacifique du conflit.

'Il est nécessaire pour moi d'aller à Genève pour montrer au monde qui sont les terroristes qui détruisent leur pays et déplacent leur peuple', a déclaré Mohamed Allouche. Il a plus tard confirmé qu'il serait bien le négociateur en chef pour l'opposition, ce qui ne devrait pas aider à créer de la confiance.

Au moins 50 tués par l'EI

Et quels qu'ils soient, les interlocuteurs à Genève ne contrôlent pas d'importantes zones où se trouve l'Etat islamique (EI). Dans ces régions vivent la moitié des quelque 4,5 millions de personnes qui ne peuvent être atteintes par l'aide humanitaire.

Mais l'EI fait sentir qu'il peut toujours être actif ailleurs dans le pays. Dimanche, entre 50 et 60 personnes ont été tuées et 110 blessées dans une triple explosion au sud de Damas, selon l'agence officielle syrienne et d'autres sources. L'EI a revendiqué ces attaques.

/ATS


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