Aux HUG, l'armée, la PC et les pompiers mobilisés face au Covid-19

Pour affronter la deuxième vague de Covid-19, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont ...
Aux HUG, l'armée, la PC et les pompiers mobilisés face au Covid-19

Aux HUG, l'armée, la PC et les pompiers mobilisés face au Covid-19

Photo: KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

Pour affronter la deuxième vague de Covid-19, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont demandé et obtenu le soutien de l'armée, des pompiers et de la Protection civile (PC). Ces renforts soulagent un personnel soignant mis à rude contribution.

En Suisse, Genève est le canton le plus violemment touché par la nouvelle flambée de l'épidémie. En à peine un mois, le nombre de patients hospitalisés après avoir attrapé le virus a été multiplié par dix. Le 13 novembre, un pic a été atteint avec 580 personnes aux soins. Aujourd'hui, la courbe est légèrement redescendue.

'Nous n'arrivions plus à répondre aux sollicitations', souligne l'ambulancier chef Eric Golay. Les pompiers ont alors été appelés à la rescousse. La réponse fut immédiate. 'C'est comme quand quelqu'un a le feu chez lui et nous demande d'intervenir', relève le porte-parole du Service incendie et secours (SIS) Nicolas Millot.

Des gestes bien rodés

Aux urgences, à l'accueil, une équipe composée de cinq aspirants et d'un instructeur aide à la prise en charge des malades. Si un cas suspect de Covid-19 se présente, les jeunes pompiers enfilent leur tenue de protection, gants, combinaison jetable, bonnet. A force d'être répétés, les gestes deviennent automatiques.

L'armée, de son côté, intervient plus loin, dans les étages. Les soldats épaulent le personnel infirmier et les physiothérapeutes dans leur travail quotidien au chevet des malades infectés par le nouveau coronavirus. Aux soins intermédiaires, les patients ont besoin d'une attention de tous les instants.

Seul, il faut parfois jouer au funambule et jongler entre les appareils, relève le responsable des physiothérapeutes cardio-respiratoire des HUG Nicolas Dousse. L'assistance fournie par les militaires est ainsi grandement appréciée. Des forces peuvent être libérées pour d'autres tâches essentielles.

Aux soins intermédiaires, les patients atteints du Covid-19 sont encadrés comme des sportifs d'élite. Chacun a son programme de mobilité individualisé. Pour ces malades, il est très important de bouger et de faire travailler coeur et poumons afin d'empêcher une perte de masse musculaire brutale.

Un autre monde

Léa Légeret a 22 ans. A l'armée, elle est est incorporée au groupe vétérinaire. Depuis 8 jours, son environnement de soldate a radicalement changé. Appelée aux HUG, elle s'est portée volontaire pour aider aux soins intensifs. Son métier de cuisinière dans le civil ne l'a pas préparée à affronter la dureté de cette réalité.

'Je n'avais jamais eu de contact avec le monde hospitalier avant et j'ai vécu mon premier décès lors de mon deuxième jour de mobilisation', raconte la jeune femme. Depuis, d'autres ont suivi. La charge émotionnelle est considérable. Voir un lit vide le lendemain est toujours une épreuve, souligne-t-elle.

L'armée a aussi envoyé du renfort aux soins aigus. Ici, l'ambiance est moins lourde. Les malades du Covid-19 jouissent d'une certaine autonomie. Les patients ont droit à une petite promenade quotidienne dans les couloirs de l'hôpital, accompagnés à chaque fois par un physiothérapeute et un soldat.

Désinfection

La Protection civile, quant à elle, oeuvre dans les sous-sols des HUG, juste en-dessous des urgences, à l'endroit où arrivent les ambulances. Depuis la semaine dernière, des équipes de cinq personnes engagées à la PC se relaient jour et nuit pour nettoyer les véhicules afin que ceux-ci puissent repartir rapidement.

Le nettoyage d'une ambulance prend 15 à 20 minutes, explique l'astreint Selim Bejaoui. Une formation sanitaire a été donnée par les HUG. L'intérieur du véhicule, les instruments, l'habitacle sont désinfectés minutieusement. Un jour, huit ambulances étaient garées côte à côte, un record, note le jeune homme.

/ATS