Christian Levrat veut profiter de l'élan progressiste pour l'avenir

Après les pertes de son parti lors des fédérales 2019, le président du PS Christian Levrat ...
Christian Levrat veut profiter de l'élan progressiste pour l'avenir

Les délégués du PS dressent un bilan contrasté des Fédérales 2019

Photo: KEYSTONE/PETER SCHNEIDER

Réunis en assemblée samedi à Berne, les délégués du Parti socialiste (PS) ont dressé un bilan contrasté des élections fédérales, après les pertes 'douloureuses' enregistrées le 20 octobre. Ils se félicitent toutefois que la gauche se soit dans son ensemble renforcée.

C'est d'ailleurs sur ce dernier constat que le président du PS Christian Levrat s'est voulu résolument tourné vers l'avenir. Il s'agit désormais de profiter de cet élan progressiste pour la prochaine législature, a-t-il déclaré dans son discours.

Jusqu'en 2023, 'des progrès considérables' sont possibles dans les domaines de la politique climatique, des retraites, des primes d'assurance-maladie et de l'Europe, a affirmé M. Levrat devant les délégués. Au final, le pays détient aujourd'hui 'le Parlement le plus progressiste depuis des décennies', a-t-il clamé. Le président a plaidé pour une Suisse 'écologique, sociale et solidaire'.

Ne pas ruminer, agir

Le Fribourgeois est largement revenu sur le résultat des élections législatives. Si l'objectif du PS visant à renverser la majorité PLR/UDC au Conseil national a été largement atteint, les résultats globaux ont été décevants, a de nouveau reconnu M. Levrat. 'Notre recul est d'autant plus douloureux qu'il nous a surpris, a-t-il admis.

Sans renier des remises en question, le président a aussi voulu se montrer optimiste. Il ne s'agit pas de ruminer le positionnement du parti dans un état semi-dépressif, il faut au contraire repartir au combat de manière très active au nom des électeurs socialistes, a-t-il avancé en substance.

Clarifier les liens avec les Verts

M. Levrat a aussi rappelé que pour mobiliser toute la gauche durant la campagne, le PS a quelque peu gommé les différences entre sa position verte et sa propre position. Il est logique que les Verts, en tant que parti 'le plus tendance', aient eu du succès, dit-il. L'électorat de gauche a voulu envoyer un signal aussi fort que possible en faveur du climat et il a réussi, mais en votant Vert plutôt que PS, a-t-il ajouté.

'Parmi les nouveaux électeurs et électrices et ceux qui votaient pour la première fois, la part soutenant le PS est tombée d'environ 20% à 12%. Les Verts, au contraire, ont doublé leur part dans ce groupe d’électeurs, pour atteindre environ 20%', a relevé M. Levrat. Ces électeurs, ce sont nos enfants et adolescents qui manifestent depuis des semaines en faveur du climat, constate-t-il.

En revanche, il est désormais crucial de clarifier à nouveau la relation avec les Verts, selon lui: 'Sont-ils nos partenaires dans un camp progressiste ou nos rivaux dans une gauche plurielle et mouvante? Probablement les deux. Les Verts sont à la fois alliés et concurrents', a estimé le Fribourgeois qui présidait sa 44e et dernière assemblée des délégués. Il a en effet récemment annoncé son retrait de cette fonction au printemps prochain.

Mieux connecter avec la base?

Si les délégués ont semblé partagé samedi sur le bilan à dresser du scrutin fédéral, les critiques à l'égard de la direction du PS ont plutôt été limitées. La ligne du parti était bonne, a-t-on entendu à plusieurs reprises. Il fallait simplement mieux la communiquer aux électeurs, ont dit certains alors que d'autres ont rappelé les succès encourageants dans plusieurs cantons.

Des délégués ont mis en garde de ne pas sous-estimer les pertes. Pour certains, le PS doit revenir à ses valeurs fondamentales et mener prioritairement la lutte pour la justice sociale. D'autres se sont plaints que le parti s'était trop éloigné de la classe ouvrière.

Mots d'ordre donnés

Dans son discours, Christian Levrat n'a pas donné de mot d'ordre ni livré de stratégie s'agissant de l'élection de Regula Rytz au Conseil fédéral le 11 décembre prochain. Il a toutefois déclaré à Keystone-ATS que 'politiquement, les Verts avaient le droit à une place au Conseil fédéral'.

Lors de cette assemblée, les délégués ont unanimement recommandé d'accepter l'initiative pour des logements abordables. Tous ont également appelé à rejeter le référendum sur l'extension de la norme antiraciste. Les deux objets sont en votation le 9 février.

/ATS
 

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