Cressier (NE) se remet peu à peu après le déluge d'eau de mardi

Le village de Cressier (NE) a retrouvé un peu ses esprits mercredi après le déluge d'eau ayant ...
Cressier (NE) se remet peu à peu après le déluge d'eau de mardi

Le village de Cressier (NE) a retrouvé un peu ses esprits mercredi après le déluge d'eau ayant suivi l'orage qui s'est abattu la veille en début de soirée sur la région de l'Entre-deux-lacs. Aucune victime n'est à déplorer, mais les dégâts sont très conséquents.

La police neuchâteloise a reçu plus de 500 appels suite aux inondations qui ont touché la partie historique de la localité de 1900 habitants. L'afflux d'eau a fait déborder le ruisseau du Ruhaut, dans le haut du village. La crue a dévalé le chemin du Vieux-Moulin, avant de s’engouffrer dans la rue des Saint-Martin.

La crue a charrié avec elle des torrents de boue, de cailloux et de morceaux de bois, emportant tout sur son passage, notamment de nombreuses voitures. Le dépôt de matériaux, au moment du début des travaux d'évacuation, atteignait plusieurs dizaines de centimètres par endroits. Des trous sont apparus autour de la fontaine du centre.

75 bâtiments touchés

Les orages locaux ont également provoqué d'importantes inondations à Frochaux (NE), la localité située sur les hauteurs de Cornaux. Le président du Conseil d'Etat Laurent Favre et son collègue du gouvernement Alain Ribaux se sont déplacés mercredi pour prendre la mesure de l'étendue des dégâts, avec environ 75 bâtiments touchés à Cressier.

Les premières alertes ont été signalées mardi vers 19h45. Depuis, les habitants des rues les plus concernées n'ont guère pu se reposer, occupés à dégager les rez-de-chaussée, les caves, les garages et les jardins. Une grande solidarité s'est mise en place entre Cressiacois, avec le soutien des sapeurs-pompiers et de la protection civile.

La police et les forces d'intervention, au moins 120 personnes, ont oeuvré toute la nuit pour stabiliser la situation, qui était sous contrôle mercredi à la mi-journée. Aucune personne blessée ou disparue n'est à déplorer. Plusieurs familles ont en revanche été relogées, en raison des dégâts d'eau mais aussi des coupures d'électricité.

Nettoyage lancé

Mercredi en début d'après-midi, les rues avaient retrouvé un semblant d'allure, sous un soleil généreux qui aidait à sécher le bas des immeubles et les rues. Des habitants pique-niquaient avant de reprendre leur labeur pour dégager les lieux. 'C'était Tchernobyl jusqu'à ce matin', a confié l'un d'eux à Keystone-ATS.

Les voitures ont pu être dégagées et le ballet des camions venant charger les matériaux descendus de la montagne, avec une eau s'écoulant à l'arrière des bennes en roulant, a rythmé la journée. A signaler que mercredi après-midi le passage sous-voie près de la gare ne constituait encore qu'une vaste piscine.

L'eau est impropre à la consommation pour l'heure, sauf si elle est bouillie. C'est pourquoi beaucoup de Cressiacois sont allés acheter de l'eau pour pallier l'arrêt des robinets. L'occasion aussi pour la police neuchâteloise de saluer l'élan de solidarité de la population pour héberger les personnes qui en ont besoin.

Déserter les rues

La météo continuait à prévoir un risque d'orages. En fin d'après-midi, les autorités ont ordonné à la population d’évacuer les rues du village dès les premières précipitations et jusqu’à 6h du matin, afin d'assurer leur sécurité.

Il y a deux ans, un même type d'événement avait ravagé les villages de Villiers et de Dombresson (NE), dans le Val-de-Ruz, causant un décès.

L'accès à Cressier était réservé aux seuls indigènes mercredi, les routes depuis Le Landeron et Cornaux étant fermées aux usagers de passage. L'autoroute A5 a été fermée par ailleurs à la circulation en direction de Bienne et de Lausanne dès 21h00 mardi. Elle a été rouverte au trafic dans la nuit.

Orvin (BE) aussi touché

A une vingtaine de kilomètres de Cressier, le village d'Orvin dans le Jura bernois a également été frappé, dans une moindre mesure, par les intempéries. En quelques secondes mardi soir, l'eau est montée de plus de 1,2 mètre dans les sous-sols d'une cinquantaine de maisons après que l'Orvine est sortie de son lit.

'Il n'y a pas eu de blessés et le bétail a pu être sauvé', a indiqué mercredi Sylvain Grosjean, le vice-maire de ce village de quelque 1200 habitants revenant sur une information de Radio Jura bernois (RJB). Deux chevaux ont pu être sauvés in extremis.

'Il était moins une', a ajouté le vice-maire précisant qu'il n'avait jamais assisté à un orage d'une telle intensité. Des villageois s'employaient mercredi à nettoyer les rues situées en bas de la commune. 'Il y a une énorme solidarité', s'est réjoui le vice-maire.

/ATS
 

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