Départ du chef de l'armée suisse après deux ans à son poste

Le chef de l'armée suisse, Philippe Rebord, a remis sa démission, a indiqué jeudi un porte-parole ...
Départ du chef de l'armée suisse après deux ans à son poste

Philippe Rebord démissionne pour des raisons de santé

Photo: KEYSTONE/PETER KLAUNZER

Le chef de l'armée Philippe Rebord quittera ses fonctions à la fin de l'année. Ce départ prématuré est dû à des raisons de santé. Le Conseil fédéral a été informé mercredi. La recherche d'un successeur est lancée.

Philippe Rebord, 61 ans, a été victime d'une thrombose grave durant les vacances de janvier. Comme elle n'a pas été détectée par le premier médecin, le traitement a pris dix jours de retard. A cela s'ajoutent de sérieux problèmes à la hanche droite, qui manque de cartilage.

'J'ai mal tout le temps', a expliqué jeudi le chef de l'armée devant la presse, précisant qu'il avait des difficultés à rester debout. Une opération est prévue fin décembre. 'Je me connais, je pourrais tenir' jusque-là, a affirmé le Valaisan tout en précisant qu'il avait discuté du cas avec son médecin.

Le chef de l'armée quittera donc ses fonctions à la fin de l'année, au lieu de fin 2020. Son contrat avait été prolongé l'année passée au-delà de l'âge de la retraite pour les militaires.

Commission de sélection

La ministre de la défense Viola Amherd a informé le Conseil fédéral de la mise sur pied d'une commission de sélection pour trouver un successeur. Le profil du candidat idéal sera défini ensuite. Les critères ne seront pas politiques mais factuels, a précisé la conseillère fédérale.

Une période de passage de témoin avec Philippe Rebord devrait commencer dès l'automne. Selon la conseillère fédérale, il n'y a pas de grade requis pour devenir chef de l'armée. Même un civil pourrait théoriquement occuper le poste.

Mais en principe, c'est vers un commandant de corps que le gouvernement se tourne. S'il s'agit d'une personne qui ne vient pas de la direction de l'armée, la période de rodage est plus longue, a commenté Philippe Rebord.

Autre cas

Viola Amherd devra affronter un autre problème de personnel ces prochains temps. Le chef du commandement de l'instruction Daniel Baumgartner a fait savoir qu'il souhaitait changer de fonction 'pour des raisons personnelles'. Le Conseil fédéral sera saisi du dossier ces prochaines semaines.

La ministre de la défense n'a pas souhaité en dire davantage. Le nom du haut gradé a été associé par la presse aux affaires de notes de frais.

Confiance mutuelle

En attendant, la Valaisanne regrette beaucoup le départ de Philippe Rebord. Elle s'est félicité d'avoir pu compter sur lui lorsqu'elle a repris la tête du département de la défense en janvier. Evoquant une confiance mutuelle, elle a dit apprécier son style de conduite très humain. Mais la priorité va à la santé.

Philippe Rebord est le chef de l'armée suisse depuis le 1er janvier 2017. Il laisse plusieurs dossiers en plan. La réforme de l'armée a déjà été mise sur les rails début 2018. Le processus se poursuivra jusqu'en 2021.

Avions de combat

Un autre gros chantier attend l'armée: l'achat de nouveaux avions de combat et de matériel de défense sol-air. L'avenir de ce projet à huit milliards de francs reste en suspens. Viola Amherd s'est tournée vers le spationaute Claude Nicollier pour peaufiner le dossier.

Le Conseil fédéral devrait en rediscuter, en principe d'ici l'été. Il s'agira de déterminer comment répondre à la demande du Parlement, qui veut que le peuple puisse trancher dès que possible sur le principe de l'acquisition de nouveaux avions de combat.

L'année dernière, le Conseil fédéral avait opté pour un arrêté de planification pouvant être combattu par référendum et portant aussi sur la défense sol-air. Lors de la consultation, le projet a été chahuté. Le PLR et le PDC l'ont rejeté. Ils ont notamment critiqué l'idée de lier l'achat de jets et la défense sol-air.

Autre chantier ouvert: la cyberdéfense. Des décisions devraient être prises ces prochains mois. Philippe Rebord pourra encore accompagner les travaux. Durant son mandat à la tête de l'armée, il n'a pas caché qu'il trouvait le service civil trop attractif et qu'il souhaitait renforcer la place des femmes à l'armée. Il a aussi été éclaboussé par l'affaire des notes de frais.

/ATS
 

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