Des mesures pour réduire les obstacles à l'embauche de réfugiés

Les employeurs seraient disposés à engager des réfugiés, mais butent encore sur plusieurs obstacles ...
Des mesures pour réduire les obstacles à l'embauche de réfugiés

Des mesures pour réduire les obstacles à l'embauche de réfugiés

Photo: KEYSTONE/TI-PRESS/CARLO REGUZZI

Les employeurs seraient prêts à engager des réfugiés, mais butent sur de nombreux obstacles. Un rapport recommande d'améliorer les informations sur les conditions d'engagement, de mieux identifier le potentiel des réfugiés, ainsi que des incitations financières.

Le manque d'informations sur les conditions d'engagement des réfugiés et des personnes admises à titre provisoire figure parmi les principaux obstacles mentionnés. Les employeurs craignent aussi de devoir supporter des coûts administratifs élevés liés à l'engagement et à la gestion de ces personnes, selon le rapport présenté mardi à Berne.

Le niveau de qualification professionnelle des réfugiés et des personnes admises à titre provisoire préoccupe également les employeurs.

Pour établir son rapport, Eduard Gnesa, l'ancien ambassadeur extraordinaire chargé de la collaboration internationale en matière de migrations, a mené 55 entretiens avec des employeurs, des partenaires sociaux, des associations sectorielles, des autorités étatiques et cantonales ainsi que des experts en intégration.

Dans son document, Eduard Gnesa ne s'est pas contenté d'identifier les obstacles à l'embauche de réfugiés. Il a également formulé six recommandations pour les éliminer.

Plate-forme d'informations

Le délégué aux réfugiés et à l'économie préconise la mise en place d'une plate-forme d'informations, le suivi des réfugiés et des personnes admises provisoirement par des coaches en emploi ou l'examen de mécanismes d'incitation financière.

Eduard Gnesa propose également d'organiser une table ronde destinée aux employeurs et la poursuite du dialogue entre la Confédération, les cantons et les représentants des milieux économiques. Il appelle en outre à déterminer sans tarder le potentiel des réfugiés et à élaborer un guide sur les conditions d'engagement applicables.

Le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) lui avait donné en décembre 2017 la mission de recueillir les préoccupations des milieux économiques et d'identifier les obstacles à l'embauche.

Coût de l'intégration

'L'intégration des réfugiés et des personnes admises à titre provisoire est un axe essentiel du travail du SEM', a souligné son directeur Mario Gattiker.

Environ 70% de ces personnes en âge de travailler peuvent s'intégrer durablement sur le marché du travail et subvenir à leurs besoins. L'intégration de ces quelque 90'000 personnes a toutefois un coût. 'Rien n'est possible sans les employeurs et l'économie', relève Mario Gattiker.

L'intensification de la coopération avec les milieux économiques devrait contribuer à mieux exploiter le potentiel des personnes admises à titre provisoire et des réfugiés, selon le SEM. 'La liste des besoins de l'économie est relativement longue', constate Mario Gattiker.

Pas de dumping social

L'intégration des réfugiés et des personnes admises à titre provisoire ne doit pas provoquer de dumping social. Le SEM doit aussi dialoguer avec les partenaires sociaux, précise-t-il.

Le SEM se montre ouvert quant aux recommandations figurant dans le rapport. Celles se rapportant à une analyse précoce et détaillée du potentiel des réfugiés, de même que leur suivi par des coaches en emploi figurent déjà dans l'agenda commun en matière d'intégration. Ces mesures seront mises en oeuvre dans toute la Suisse à partir de 2019, a précisé le secrétaire d'Etat aux migrations.

Le SEM ajoute qu'il évalue actuellement le développement d'informations destinées aux employeurs en ce qui concerne les conditions d'engagement.

Pour rappel, le Conseil fédéral et les cantons ont pris des mesures en avril dernier pour favoriser l'intégration des réfugiés dans le monde du travail. La Confédération a proposé d'augmenter à 18'000 francs le montant du forfait d'intégration versé aux cantons, soit trois fois plus que les contributions actuelles de 6000 francs.

/ATS
 

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