Des traditions sociales chez les singes vervets

Des chercheuses de l’Université de Lausanne (UNIL) ont documenté l’existence de traditions ...
Des traditions sociales chez les singes vervets

Des traditions sociales chez les singes vervets

Photo: Charlotte Canteloup/UNIL

Des chercheuses de l’Université de Lausanne (UNIL) ont documenté l’existence de traditions sociales chez les singes vervets. Cela se manifeste par davantage d'épouillage mutuel, selon ces travaux publiés dans la revue iScience.

Les mésanges anglaises ont appris les unes des autres à percer l’opercule des bouteilles de lait déposées sur les pas de portes. Sur l’île de Koshima, les macaques japonais se sont mis à laver les patates douces pour les débarrasser du sable. Le règne animal regorge d’exemples de coutumes liées à la nourriture, à l’utilisation d’outils ou à des techniques de chasse.

Cependant, peu de traditions de type social ont été décrites, a indiqué mardi l'UNIL dans un communiqué. Une équipe dirigée par Erica van de Waal et Charlotte Canteloup est parvenue à documenter précisément l’existence de mœurs qui se transmettent sous influence sociale au sein de trois groupes de singes vervets d’une même population.

Davantage d'épouillage mutuel

L’équipe lausannoise se penche, depuis près de quinze ans, sur les capacités cognitives et sociales de ces primates dans le cadre du INkawu Vervet Project en Afrique du Sud. Première auteure de l’étude, Elena Kerjean a analysé 84’702 interactions sociales impliquant 247 singes entre 2012 et 2020.

Elle a calculé un indice de socialité estimant la propension des individus à être plutôt affiliatifs (attitudes sociales positives) ou agonistiques (conflictuels), un indice mesurant la réciprocité du toilettage et un indice quantifiant les comportements sociaux entre membres d’une même famille.

Les résultats montrent que l’un des trois groupes étudiés était globalement plus affiliatif que les deux autres. Les épouillages y étaient davantage rendus, mutuels, et ce, tout au long des neuf années de l’étude. Cette observation était indépendante des variations socio-démographiques entre les trois clans, notamment le sexe-ratio, le nombre et l’âge des individus.

Origine sociale

'De plus, ces variations de socialité ne s’expliquent pas par des différences écologiques et génétiques, car les trois communautés partagent un habitat très similaire avec des territoires se chevauchant et le flux génétique est assuré par les mouvements des mâles entre groupes. Tout cela suggère fortement une origine sociale à ces différences', souligne Elena Kerjean, citée dans le communiqué.

Selon les chercheuses, les membres du groupe auraient développé une 'tradition sociale' plus affiliative, et cela sous influence de la communauté ou de certains individus-clés. Fait intéressant, six mâles adultes qui ont migré chez leurs voisins ont adapté leur comportement à celui de leur nouveau foyer, devenant moins sociaux.

/ATS
 

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