Les coûts de l'aide sociale ne sont pas parfaitement transparents

Les dépenses pour l'aide sociale continuent de progresser. Impossible toutefois d'enrayer cette ...
Les coûts de l'aide sociale ne sont pas parfaitement transparents

Les coûts de l'aide sociale ne sont pas parfaitement transparents

Photo: Keystone

Les dépenses pour l'aide sociale continuent de progresser. Impossible toutefois d'enrayer cette évolution simplement car les causes sont multiples. Selon un rapport adopté mercredi par le gouvernement, la transparence restera difficile à faire.

Entre 2005 et 2015, les dépenses sont passées de 1,7 à 2,6 milliards de francs. Le nombre de bénéficiaires a crû de 11,8%, mais le taux d’aide sociale est resté stable (3,2%) car la population a augmenté durant cette période. Les dépenses par bénéficiaire ont en revanche décollé de 33%, passant de 7389 francs à 9854 francs. Il existe toutefois de grandes différences entre les cantons.

Malgré les statistiques, le débat sur l'évolution des coûts reste marqué par 'une certaine opacité', relève le Conseil fédéral dans l'étude réalisée à la demande du Parlement. Il y a souvent confusion entre aide sociale et autres prestations cantonales, il est difficile de savoir comment se répartit la facture entre canton et communes et plus encore de comparer les cantons entre eux.

Les raisons de l'augmentation des dépenses ne sont pas simples à établir. Le gouvernement se limite donc à livrer une vue d'ensemble des différents facteurs pesant sur les coûts de l'aide sociale.

Familles monoparentales

Certains d'entre eux sont déterminants. Le nombre croissant de bénéficiaires est lié notamment à l'évolution démographique avec de plus en plus de ménages à une personne et de familles monoparentales en fait partie. Ce facteur ne peut être influencé à court ou moyen terme. La part des personnes peu qualifiées entre aussi en ligne de compte.

Le rapport entre aide sociale et migration doit être différencié. Bien que les étrangers soient, tous statuts confondus, plus exposés au risque de dépendance à l'aide sociale, cette population est loin d'être homogène. Domaine de l'asile mis à part, la tendance est à une immigration de plus en plus qualifiée, ce qui se traduit par un taux d'aide sociale en légère baisse parmi les nouveaux immigrants.

D'autres facteurs socioéconomiques comme le niveau de formation peuvent être infléchis sur la durée via des politiques préventives visant à encourager l'acquisition de qualifications.

Le chômage joue un rôle réel sur l'arrivée à l'aide sociale. Mais les transferts de charges entre assurance sociales comme l'assurance invalidité ou l'assurance chômage ne jouent pas le rôle déterminant qu'on leur attribue souvent.

Frais de logement

Les coûts croissants par bénéficiaire s'expliquent d'abord par la proportion croissante de ménages à une personne, la durée de perception plus longue et l'augmentation des frais liés au logement.

S'y ajoutent une conjonction d'éléments qu'on pourrait appeler le 'facteur urbain': variables démographiques et socioéconomiques, offre de logement et de services, professionnalisation des services sociaux et anonymat.

Les variations dans la charge supportée par les cantons ou les communes sont liées en outre à des pratiques comptables ou des changements institutionnels. L'interprétation des données doit donc rester prudente. 'Dans tous les cas, les dépenses d'aide sociale ne sont pas un élément à considérer isolément, sur lequel il serait possible d'agir au moyen d'un seul levier', conclut le Conseil fédéral.

Le problème ne va pas disparaître. Selon la Conférence suisse des institutions d'action sociale, l'augmentation des coûts va continuer. Elle ne peut être évitée que par des investissements accrus dans la formation de rattrapage et la prévention de la pauvreté. La conférence dénonce aussi l'augmentation des loyers et des primes maladie.

/ATS
 

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