Douze ans requis pour celui qui tué sa femme de 46 coups de couteau

Le Ministère public a requis douze ans de prison ferme pour assassinat envers l’homme qui a ...
Douze ans requis pour celui qui tué sa femme de 46 coups de couteau

Douze ans requis pour celui qui tué sa femme de 46 coups de couteau

Photo: /AP/THOMAS KIENZLE

Le Ministère public a requis douze ans de prison ferme pour assassinat envers l’homme qui a asséné 46 coups de couteau à son épouse en 2015. Son avocat a invoqué l’irresponsabilité, subsidiairement le crime passionnel, lundi devant le Tribunal de Sierre.

'J’ai tué mon épouse. Je n’aurai jamais assez de toute ma vie pour regretter ce que j’ai fait', a avoué l’auteur du crime, prostré sur sa chaise. 'Depuis 2015, j’ai beaucoup changé. J’ai déjà suivi une septantaine de séances de psychothérapie. J’attends de pouvoir me soumettre à un traitement thérapeutique de fond.'

Les faits se sont produits le 16 juin 2015 au domicile familial. Afin de mettre un terme à une violente dispute verbale, le prévenu a asséné 46 coups de couteau à sa femme, notamment au cœur et au cou.

'Il ne me reste que des flashes de cette matinée. Je n’ai pas la mémoire des lieux et des événements de manière précise', a avoué lundi le prévenu. Après avoir prévenu les secours, le sexagénaire a tenté de se suicider, sans résultat, en se tailladant les veines de l’avant-bras gauche et en s’infligeant treize coups de couteau.

Dominant et narcissique»

Le prévenu a dit 'avoir demandé pardon à mes enfants. Je leur ai écrit à plusieurs reprises et je les ai vus au parloir (ndlr: il est incarcéré depuis les faits à Sion). Je suis conscient de la situation difficile – c’est un mot faible - dans laquelle je les ai mis.'

Dans son réquisitoire, la procureure Catherine de Rothen a parlé 'd’un homme dominant, narcissique, égocentrique, n’ayant que peu d’affection et de tendresse vis-à-vis de son épouse. Tuer était devenu pour lui, le meilleur moyen de figer leur lien afin d’éviter qu’il ne lui échappe.'

La représentante du Ministère public a rappelé que le couple battait de l’aile depuis longtemps et le souhait de l’épouse de divorcer et de retourner dans son pays, avec les deux enfants du couple. Elle a ainsi défendu la thèse d’une diminution moyenne de responsabilité.

'Pétage de plomb'

Avocat des deux enfants du couple, Emmanuel Crettaz a plaidé le meurtre, eu égard à l’état d’esprit de leur père au moment des faits. 'Leur père doit être reconnu coupable, cela est très important dans leur processus de guérison. Ils désirent une sanction juste et équitable.'

Pour l’avocat de l’accusé, Grégoire Varone, 'il s’agit tout bonnement d’un pétage de plomb. Mon client n’était ni jaloux ni possessif. Depuis 2014, il a vécu une véritable descente aux enfers, notamment après le suicide de son père, début 2015. Son degré d’irresponsabilité, si on tient compte des deux expertises rendues, ne doit pas excéder 25%.'

Pour l’homme de loi, il s’agit d’un crime passionnel, subsidiairement d’un meurtre dont la peine ne doit pas dépasser 4 ans et demi, soit le temps de son incarcération préventive, 'dans le cas où il n’est pas reconnu comme irresponsable.' Le verdict sera connu ces prochains jours.

A l’ouverture des débats, le défenseur a tenté d’écarter une seconde expertise psychiatrique, défavorable à son client. En vain. Ce second rapport met en lumière un risque moyen de récidive, alors que les premiers experts l’estimaient plutôt faible et mettaient en exergue le caractère irresponsable du prévenu au moment des faits.

L’accusé doit également répondre d'infraction à la loi fédérale sur les armes pour l’acquisition et la possession, depuis plus de trente ans, d’une arme à cran d’arrêt achetée dans une armurerie. Il risque 30 jours-amendes.

/ATS
 

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