Exit Suisse romande a aidé 213 personnes à mourir en 2015

En 2015, Exit Suisse romande a aidé 213 personnes à mourir, soit 38 de plus qu'en 2014. La ...
Exit Suisse romande a aidé 213 personnes à mourir en 2015

Exit Suisse romande a aidé 213 personnes à mourir en 2015

Photo: Keystone

En 2015, Exit Suisse romande a aidé 213 personnes à mourir, soit 38 de plus qu'en 2014. La tendance à la hausse se vérifie aussi du côté alémanique, qui a enregistré 782 cas, soit 30% de plus qu'en 2014.

Pour le président de l'association Jérôme Sobel, cette hausse est à mettre sur le compte de l'augmentation des membres d'Exit et sur l'information: 'Les gens savent que cette pratique se déroule dans un cadre parfaitement légal', a-t-il rappelé samedi à l'ats à l'issue de l'assemblée générale qui s'est tenue à Fribourg.

En 2015 en Suisse romande, 22'214 membres étaient inscrits auprès d'Exit. Ce chiffre représente 1% des Romands, preuve du large soutien accordé à l'association, selon Jérôme Sobel. Sur les 213 personnes qui ont été accompagnées dans la mort, 59% étaient des femmes et 40% des hommes. L'âge moyen était de 78 ans.

À la maison

Le cancer est la première raison ayant poussé ces personnes à choisir le suicide assisté. Il représente 88 cas. Suivent les pathologies invalidantes et neurologiques avec 60, respectivement 31 cas. Sur l'ensemble des décès assistés, 183 ont eu lieu à domicile, 22 en EMS, 5 à l'hôpital et 3 en foyer.

Les patients faisant appel à Exit Suisse romande viennent, en majorité du canton de Vaud, de Genève et du Valais. En Suisse, l'aide au suicide représente chaque année 1,5% des 65'000 décès.

Hausse attendue

Le président de l'association s'attend à voir ce pourcentage doubler dans les années à venir. On devrait atteindre un plafond de 2 à 2,5% de l'ensemble des décès, soit des pourcentages proches de ceux connus en Hollande ou en Belgique, précise le président qui se refuse à parler d''épidémie'.

En 2015, sur les 309 demandes d'assistance au suicide déposées, 299 ont été acceptées. Sur les dix restantes, cinq sont en attente d'une expertise et cinq ont été rejetées. Les non-entrées en matière concernaient pour trois d'entre elles des problèmes conjugaux, a expliqué M. Sobel qui rappelle que l'association ne traite que les demandes de personnes domiciliées en Suisse.

Le suicide assisté autorisé en home et en hôpital est réglé par une loi dans les cantons de Vaud et Neuchâtel. En Valais, la loi a été refusée mais un compromis a été accepté. L'Hôpital du Valais autorisera l'aide au suicide lors de situations exceptionnelles. A Genève, une loi est en consultation. Quant à Fribourg, le sujet n'est pas pour le moment à l'ordre du jour. 'Ce sera pour plus tard', a indiqué Jérôme Sobel.

Demandes à court terme

L'assistance au suicide est gratuite pour toutes les personnes membres depuis au moins un an. Mais l'association a introduit samedi une clause pour des personnes qui s'inscrivent 'à la dernière minute'. Elles payeront une finance unique de 350 francs pour une assistance immédiate. Exit Suisse alémanique a fixé ce montant à 900 francs, a indiqué Jérôme Sobel, précisant qu'un cas coûte 2900 francs.

Preuve de la confiance accordée à la direction d'Exit par les 450 membres présents à Fribourg, le comité formé de douze personnes a été reconduit à l'unanimité.

/ATS


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