Femmes en colère à Neuchâtel - Appel aux parlementaires

Près de 100 femmes se sont réunies à Neuchâtel pour montrer leur colère et leur détermination ...
Femmes en colère à Neuchâtel - Appel aux parlementaires

Egalité: femmes en colère à Neuchâtel et ailleurs - Appel aux parlementaires

Photo: KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

Près de 100 femmes en colère se sont réunies à Neuchâtel. Elles se sont assises sur 71 chaises pour symboliser les 71 jours de 2019 à compter de lundi où elles ne sont pas payées à cause des discriminations salariales. D'autres actions ont eu lieu ailleurs en Suisse.

A Neuchâtel, les manifestantes ont également compté en choeur jusqu'à 71. Elles ont rappelé que ces différences engendrent 18% de pouvoir d'achat en moins pour les femmes. 'Nous en avons marre d'être sous-payées en toute illégalité', ont-elles déclaré. Et sans compter le travail gratuit invisible auprès des proches (parents âgés, famille).

Marianne Ebel, représentante du Collectif neuchâtelois de la grève des femmes, a déclaré à l'intention du nouveau parlement: 'Nous voulons que les choses changent. Nous voulons l'égalité tout de suite'.

A Neuchâtel, un groupe de travail va être créé pour faire part des revendications des femmes et demander des comptes aux six parlementaires neuchâtelois durant les quatre prochaines années. 'Après chaque session, on leur demandera ce qu'ils ont fait pour la cause des femmes et ce qu'ils veulent faire la prochaine fois', a ajouté Marianne Ebel. 'Et si rien ne change, on fera grève'.

Discriminées à plusieurs titres

Rappelant que les femmes gagnent en moyenne toujours près de 20% de moins que les hommes, le syndicat Unia a fait état d'actions similaires ailleurs en Suisse lundi. Unia a ainsi sillonné la ville de Bâle avec un sac à commissions géant, faisant halte devant différents magasins du commerce de détail pour attirer l’attention sur l’inégalité salariale et appeler les employeurs à agir.

Car c’est dans cette branche précisément que les salaires sont les plus bas comparés au reste de l’économie. Unia demande des salaires plus élevés pour les femmes en général et plus spécialement dans la 'branche féminine' du commerce de détail.

Dans le social aussi

Le travail social non plus n’est pas à l’abri des discriminations fondées sur le sexe, relève AvenirSocial, l’association professionnelle de la branche. La perte salariale mensuelle des femmes par rapport à leurs collègues masculins se monte par exemple à 457 francs pour une éducatrice sociale avec un diplôme d’une haute école spécialisée travaillant dans un foyer.

Si les femmes représentent 80% des travailleurs sociaux, elles sont en outre fortement sous-représentées dans les fonctions de direction. Les chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS) de 2016 en témoignent: un an après l’obtention d’un bachelor HES en travail social, les femmes sont 10% de moins que les hommes à occuper une fonction dirigeante.

Et l’écart se creuse davantage avec la progression dans la vie professionnelle, constate AvenirSocial, qui appelle Confédération, cantons et employeurs à prendre enfin des mesures concrètes pour réaliser l’égalité entre les sexes.

/ATS
 

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