Feu vert à un essai de lutte contre l'ambroisie au Tessin

Le Tribunal administratif fédéral (TAF) a débouté le gouvernement tessinois, opposé à la poursuite ...
Feu vert à un essai de lutte contre l'ambroisie au Tessin

Feu vert à un essai de lutte contre l'ambroisie au Tessin

Photo: Keystone

Le Tribunal administratif fédéral (TAF) a débouté le gouvernement tessinois, opposé à la poursuite d'une expérience menée par des scientifiques pour tenter d'éradiquer l'ambroisie. Avec Genève, le Tessin est l'un des cantons où elle a le plus proliféré.

Divers essais ont été menés avec l'aval de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) pour tenter d'éradiquer la plante, dont le pollen peut provoquer des graves allergies.

Depuis juillet 2014, des scientifiques ont lancé une expérimentation en plein air à Rovio en collaboration avec l'Université de Fribourg. Ils ont dû se plier à un cahier des charges précis pour limiter les risques d'allergie dont pourraient souffrir promeneurs et riverains. Ils doivent notamment veiller à ce que l'aire d'expérimentation soit parfaitement clôturée et fermée. Un panneau d'information rédigé en anglais et en italien doit être affiché aux abords à l'attention des passants.

Mesures de précaution

Selon les autorités tessinoises, les mesures de précaution imposées aux chercheurs seraient insuffisantes pour pallier les risques liés à une telle expérimentation en plein air. Le canton demandait notamment qu'un filet de protection soit posé sur la surface d'expérimentation pour éviter toute prolifération de la plante aux abords de la zone, où paissent des moutons.

Tout comme l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), le TAF est d'avis que de telles mesures de protection ne sont pas indispensables. Les précautions prévues, telles que la pose d'un panneau d'information, l'installation d'un enclos et le verrouillage de l'accès à la surface d'expérimentation sont suffisantes pour réduire le risque de contact, tant pour l'homme que pour les animaux.

Arme biologique

La pose d'un filet, voire d'une toile de tente, pourrait compromettre l'expérimentation, souligne le TAF. Si, contre toute attente, la plante devait proliférer aux abords de la zone, d'autres mesures pourraient être prises, indique l'instance judiciaire.

L'expérience en cours vise à prouver l'efficacité d'une arme biologique. Un coléoptère, la chrysomèle de l'ambroisie, permettrait d'éradiquer la plante.

Il s'agira notamment de voir si la présence de cet insecte a une répercussion sur la quantité de pollen de l'air et la vente de médicaments antihistaminiques. Des données récoltées précédemment au Tessin et en Lombardie vont dans ce sens.

Il reste toutefois à démontrer si l'insecte est uniquement amateur d'ambroisie ou si, pour changer, il ne se déciderait pas de goûter aussi à un champ de tournesols. (arrêt A-3010/2015 du 16 mars 2016)

/ATS


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