Forêts très denses et chablis moins efficaces contre les coulées

L'état de la forêt est crucial pour prévenir les glissements de terrain. Les bois très denses ...
Forêts très denses et chablis moins efficaces contre les coulées

Forêts très denses et chablis moins efficaces contre les coulées

Photo: WSL

L'état de la forêt est crucial pour prévenir les glissements de terrain. Les bois très denses et les chablis protègent moins bien contre les coulées que les peuplements forestiers bien développés et étagés, selon les chercheurs. Les épicéas sont facilement déracinés.

Des analyses de terrain indiquent des effets forestiers positifs et des glissements de terrain relativement petits dans les zones boisées très denses, écrivent des chercheurs de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) dans un communiqué mercredi. Ils étayent aussi leurs conclusions dans l'édition de décembre du Journal forestier suisse.

De pair avec des collègues de l'Institut d'étude de la neige et des avalanches (SLF), les chercheurs du WSL ont découvert que tous les types de peuplement forestier ne sont pas pareillement efficaces contre les glissements de terrain. Ils se fondent sur l'analyse de 750 glissements dont les caractéristiques ont été enregistrées dès 1978 dans une banque de données, disponible depuis peu sur Internet.

Même si, dans les zones peu ou modérément pentues, la présence d'une forêt réduit de toute façon les risques de coulées, des structures aussi variées que possible, tant au-dessus qu'au-dessous du sol, protègent au mieux contre ces dangers, selon Christian Rickli, l'un des auteurs de l'étude, cité par le WSL. L'idéal: 'un mélange de différentes essences et une structure d'arbres de tous âges'.

Question de pente

Sur les versants très raides, de plus de 38°, les forêts atteignent toutefois leurs limites: on compte plus de glissements de terrain dans les zones boisées que dans les espaces ouverts. Les forêts en très forte pente sont en général moins soignées et se trouvent surtout dans des zones plus élevées et difficilement exploitables.

Les épicéas, vulnérables aux tempêtes et aux scolytes, des insectes qui se développent sous l'écorce, y sont par ailleurs fortement représentés. Or ces arbres n'ont pas de racines profondes et sont donc facilement arrachés dans ces zones.

Selon les chercheurs, on a aussi enregistré des densités de glissements de terrain plus élevées dans les forêts de conifères et mixtes que dans les forêts de feuillus. De même, la densité des glissements de terrain dans les forêts créées après 1880 était plus élevée que dans les zones qui avaient déjà été boisées auparavant.

La main de l'homme

Les interventions sylvicoles - choix des essences et sylviculture - contribuent à l'amélioration de l'effet protecteur à long terme. A condition qu'elles soient menées avec soin et visent à accroître l'adaptabilité de la forêt aux perturbations naturelles.

Les étages de végétation et les aires de répartition du hêtre et du sapin blanc constituent ainsi un point essentiel, relèvent les chercheurs dans l'un des articles du Journal forestier suisse. Les scientifiques ont notamment analysé des cartes de végétation et des cartes climatiques ainsi que leur modélisation dans l'avenir.

Le réchauffement va augmenter les risques de glissements de terrain et de coulées de boue. Si, comme on le prévoit à l'heure actuelle, les précipitations intenses sont de plus en plus nombreuses, ces évènements devraient devenir plus fréquents. Dans le cas des coulées de boue, les sols des versants se gorgent d'eau et se liquéfient. Lors des glissements de terrain superficiels, qui contiennent moins d'eau, c'est la couche supérieure du terrain qui se met en mouvement.

/ATS
 

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