Fribourg: sensibilisation et amendes contre le littering

Le canton de Fribourg s'attaque concrètement au fléau des déchets sauvages (littering). Il ...
Fribourg: sensibilisation et amendes contre le littering

Fribourg: sensibilisation et amendes contre le littering

Photo: Philippe Lebet - Keystone-ATS

Le canton de Fribourg s'attaque concrètement au fléau des déchets sauvages (littering). Il lance une campagne de sensibilisation avec l'appui de sportifs d'élite fribourgeois, dont le hockeyeur de Gottéron Julien Sprunger, avant de passer aux sanctions.

'La démarche constitue le prolongement de toute une série de discussions', a expliqué jeudi à Fribourg le conseiller d'Etat Jean-François Steiert, en charge de l'environnement. Le magistrat socialiste a décrit un phénomène qui s'est développé au fil des années avec le changement des modes de vie et de la bienséance.

Il y a la possibilité de sanctionner par des amendes d'ordre, partant que tout le monde n'est pas réceptif à la sensibilisation, a dit Christophe Joerin, chef du Service de l'environnement (SEn). Dès le 1er janvier, ces amendes peuvent atteindre 50 francs pour l'abandon d'un petit déchet isolé et 150 francs pour un ensemble de déchets.

Des adaptations sont à attendre en fonction des modifications à venir de la législation fédérale, la Confédération fixant le cadre national. Les mineurs ne sont pas concernés. Pour eux, d'autres sanctions sont envisagées, comme le travail d'intérêt général. 'Un mégot peut polluer 500 litres d'eau', a rappelé Christophe Joerin.

Mais rien ne sert de sanctionner à tout-va, a relevé Jean-François Steiert. D'où le lancement d'une campagne avec des personnalités servant d'exemple. La campagne cible les 15-25 ans. Outre Julien Sprunger, la volleyeuse de Guin Kristel Marbach ainsi que les basketteurs Marielle Giroud (Elfic Fribourg) et Natan Jurkovitz (Fribourg Olympic) sont impliqués.

Sprunger en exemple

Présent à l'Ecole professionnelle artisanale et industrielle (EPAI), Julien Sprunger a dit être conscient de son rôle d'exemple. Il a accepté la fonction d'ambassadeur pour défendre des valeurs comme le respect de la nature et des autres. 'J'espère que l'écho sera favorable', a ajouté l'attaquant de Fribourg-Gottéron âgé de 34 ans.

La police cantonale a consulté les communes, qui peuvent demander une possible délégation de compétence. 'Il faut changer les comportements des citoyens', a insisté Jacques Meuwly, chef de la gendarmerie. La sensibilisation s'étendra jusqu'au printemps. Ensuite, avec l'arrivée des beaux jours, des actions plus répressives seront instaurées.

'La proportionnalité et le bon sens resteront de mise', a complété Jacques Meuwly, qui a ajouté que la sévérité augmentera après l'été avec le passage plus systématique aux dénonciations. Jean-François Steiert a souligné l'importance de la collaboration entre tous les acteurs du dossier.

Modes de vie

Le littering consiste à toutes ces petites quantités de déchets urbains laissés hors les poubelles, a rappelé Jean-François Steiert. Il vient du développement des modes de consommation rapide. L'interdiction de fumer dans les établissements publics, les journaux gratuits et le fait de manger dans la rue sont aussi en cause.

Aujourd'hui, 30% de ces déchets sont jetés au sol. Le taux dépasse 50% pour les emballages liés à la restauration rapide, a indiqué le conseiller d'Etat. 'Dans les villes, mais pas seulement'. Des objets sont lancés depuis les voitures, objets qui peuvent être ingérés par des vaches par exemple, pouvant provoquer des décès.

Sur le plan suisse, le nettoyage des déchets sauvages coûte 200 millions de francs par an. Pas moins de 5000 tonnes de plastique sont dispersés dans l'environnement. Et ces déchets ont une durée de vie non négligeable: 2 ans pour un mégot de cigarette, 5 ans pour un chewing-gum, 450 ans pour une bouteille en PET et 7500 ans pour une pile.

/ATS
 

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