Genève: Maudet ne se chargera que de la promotion économique

A Genève, le Conseil d'Etat a réorganisé mercredi les départements cantonaux de manière pérenne ...
Genève: Maudet ne se chargera que de la promotion économique

Genève: Maudet ne se chargera que de la promotion économique

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

A Genève, le Conseil d'Etat a réorganisé mercredi les départements cantonaux de manière pérenne. Poursuivi par la justice pour acceptation d'un avantage, Pierre Maudet ne sera en charge, dès le 1er février, que de la promotion économique.

Comme l'exécutif l'avait annoncé le 16 janvier, le magistrat PLR ne présidera plus le gouvernement et n'aura plus la responsabilité de la police et de la sécurité. Cette charge reviendra à son collègue MCG Mauro Poggia, qui dirigera un nouveau Département de la sécurité, de l'emploi et de la santé (DSES) comprenant le corps de police et les offices cantonaux liés à la sécurité.

Pour sa part, Pierre Maudet occupera la direction du Département du développement économique (DDE) nouvellement créé. Il conservera donc la responsabilité du développement économique, de la recherche et de l'innovation. Il restera aussi le magistrat de tutelle de Palexpo, des Ports francs et entrepôts de Genève et de la Fondation Genève Tourisme & Congrès, notamment.

'M'investir pleinement'

'Ces décisions ont été prises à l'unanimité moins une voix, celle de Pierre Maudet', a déclaré devant les médias le président du Conseil d'Etat Antonio Hodgers. 'Il est fondamental pour Genève de donner un cadre, une stabilité aux institutions, indépendamment des suites judiciaires que connaîtra la procédure. Notre souhait, c'est de ne plus parler de l'affaire Maudet, mais de nos politiques publiques.'

Devant le gouvernement in corpore, Pierre Maudet a souligné son 'attachement à l'institution et à la collégialité.' Et de préciser: 'Je n'adhère pas aux décisions qui ont été prises, mais je vais m'investir pleinement dans la politique publique qui m'a été attribuée.' Selon lui, il n'y a pas de 'petite' politique publique: 'Ce qui est important, c'est ce qu'on en fait.'

Interrogé sur le risque d'une nouvelle affaire Legrix, du nom du magistrat UDC de La Chaux-de-Fonds (NE) privé de son département par ses collègues, M. Hodgers a indiqué que la justice considère qu'un élu doit diriger un département, 'mais elle ne dit pas quelle doit être sa taille.' Pierre Maudet n'exclut pas de recourir contre la décision du collège: 'Je verrai si j'utilise cette possibilité.'

Capacité réduite

Il s'agit de la quatrième réorganisation des départements depuis l'entrée en fonctions du Conseil d'Etat le 1er juin. Le gouvernement a pris acte de la volonté de Pierre Maudet de poursuivre son mandat. Mais il estime que la capacité du magistrat à porter des projets et des politiques publiques impliquant un contrôle, une surveillance ou une autorisation est réduite.

Pierre Maudet perd donc aussi le service de surveillance des communes, qui sera rattaché au Département de la cohésion sociale (DCS). Les offices des poursuites et des faillites entreront, eux, dans le giron du Département des finances et des ressources humaines (DF).

Hodgers président

Si la présidence revient désormais de manière permanente au Vert Antonio Hodgers, le gouvernement veut déposer, avant fin janvier, un projet de loi constitutionnelle pour le retour à une présidence annuelle afin de renforcer la cohésion entre les membres du gouvernement. 'Si elle était acceptée en votation, la loi pourrait entrer en vigueur en cours de législature', a fait savoir M. Hodgers.

Dans l'immédiat, le Conseil d'Etat relève qu'Antonio Hodgers a montré sa capacité à présider le gouvernement et à garantir son bon fonctionnement depuis la mise en prévention de Pierre Maudet. Il souligne aussi qu'il a 'fidèlement porté à la connaissance du public et des médias ses positions et décisions' lorsqu'il communiquait autour de la procédure à l'encontre du magistrat.

Pas de démission

L'exécutif collaborera avec le Grand Conseil sur les différents projets de destitution d'un conseiller d'Etat en exercice ou de renforcement des règles en matière d'acceptation de cadeaux par les élus. 'Nous n'avons pas de position figée, mais ces sujets peuvent contribuer à renforcer la confiance institutionnelle', a commenté M. Hodgers.

Quant à la confiance au sein du gouvernement, elle est 'amoindrie mais pas rompue. Nous devons travailler ensemble, nous avons un mandat institutionnel', a-t-il répondu. Interrogé sur son intention de démissionner, Pierre Maudet a indiqué que 'c'est une réflexion permanente. Je pense que je dois continuer et m'investir dans l'activité du collège.'

/ATS
 

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