JO 2026: les cantons refusent de prêter gratuitement des policiers

Les JO de Sion 2026 sont faisables en termes de sécurité, selon la Conférence des directeurs ...
JO 2026: les cantons refusent de prêter gratuitement des policiers

JO 2026: les cantons refusent de prêter gratuitement des policiers

Photo: Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Les JO de Sion 2026 sont faisables en termes de sécurité, selon la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police (CCDPJ). Ses membres se disent prêts à mettre des policiers à disposition des cantons organisateurs, mais pas question de le faire gratuitement.

Réunis vendredi à Genève à l'occasion de leur assemblée d'automne, les directeurs cantonaux de justice et police se sont dits 'prêts et capables' d'organiser des jeux d'un point de vue sécuritaire, a indiqué à l'ats le secrétaire général de la CCDPJ Roger Schneeberger.

Pour les organisateurs, il s'agit d'une bonne nouvelle. 'C'est un pas important', a confié à l'ats le président du comité d'organisation Jean-Philippe Rochat.

Sur le principe de mettre des policiers à disposition des cantons qui devraient accueillir des épreuves, les responsables cantonaux de la sécurité ont unanimement émis un avis favorable, poursuit le secrétaire général. Sur la question du tarif à appliquer, par contre, les avis étaient plus partagés.

600 francs par jour

'La CCDJP a décidé que les tarifs prévus par la Convention sur les engagements de police intercantonaux (IKAPOL) devaient être appliqués', explique-t-il. Ce tarif est de 600 francs par jour et par policier.

Le Jura avait clairement dit qu'il n'était pas d'accord de prêter gratuitement ses policiers. Sa ministre, Nathalie Barthoulot, se montre donc satisfaite de cette décision, mais précise que le canton restera 'attentif'.

Quant à savoir à combien se montera la facture pour les policiers 'empruntés', M. Schneeberger explique que, selon une étude de faisabilité de l'Office fédéral du sport, il faudra pour l'ensemble de la manifestation 190'000 jours-policiers. Sur ce chiffre, qui inclut une réserve de 30%, 133'000 jours-policiers devraient être demandés aux cantons non-organisateurs.

Si l'on multiplie ce chiffre par le tarif IKAPOL, cela donne quelque 79 millions de francs. 'Etant donné que la Confédération s'est engagée à payer 20% des frais, la facture se montera donc au maximum à 63,8 millions', précise M. Schneeberger. Et d'ajouter que la CCDPJ demande aux organisateurs et à la Confédération de plancher sur une solution pour la prise en charge de ces frais.

Gestes des cantons attendus

Coïncidence du calendrier, le conseiller d'Etat Jacques Melly a rappelé vendredi, en réponse à plusieurs interpellations urgentes au Grand Conseil valaisan, que Sion 2026 espère un engagement gratuit des forces de l'ordre des cantons non olympiques, sur le même modèle que celui de l'Eurofoot 2008. Le Valais avait alors mis ses policiers gratuitement à disposition, a ajouté le conseiller d'Etat qui attend désormais la réciprocité.

Mais 'nous allons chercher à limiter autant que possible l'engagement des policiers des cantons qui n'accueilleraient pas les JO', a assuré Jacques Melly. Il est cependant encore trop tôt pour savoir quel effectif sera nécessaire. Cela dépendra aussi des conditions de sécurité internationales du moment, a-t-il noté, tout en précisant que des négociations sont en cours avec les cantons via leur conférence.

Du côté des organisateurs aussi, on espère encore 'quelques gestes des cantons, comme ils l'avaient fait pour l'Euro'. Jean-Philippe Rochat rappelle toutefois que le scénario utilisé pour calculer les coûts de sécurité est celui d'un prêt au tarif IKAPOL. Et de préciser que les frais de sécurité publique n'incombent pas aux organisateurs, mais aux cantons organisateurs et à la Confédération.

Délai fixé au 23 mars

La CCDJP a également demandé à ce qu'une analyse plus détaillée soit effectuée dans les cantons qui accueilleront des épreuves. Elle devra être finalisée d'ici le 23 mars prochain. C'est à cette date que se réunira la Conférence des gouvernements cantonaux (CdC), qui émettra à son tour une recommandation.

Mais les recommandations de la CCDJP et de la CdC ne sont que des recommandations. 'Au final, ce sont les gouvernements voire les Parlements cantonaux qui décideront s'ils facturent ou non l'envoi de leurs policiers', conclut M. Schneeberger.

/ATS
 

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