L'Unesco tance la Suisse pour sa politique de la petite enfance

La commission suisse pour l'Unesco appelle la Suisse à adopter une véritable politique de la ...
L'Unesco tance la Suisse pour sa politique de la petite enfance

L'Unesco tance la Suisse pour sa politique de la petite enfance

Photo: KEYSTONE/GAETAN BALLY

La commission suisse pour l'Unesco appelle la Suisse à adopter une véritable politique de la petite enfance. Actuellement, les possibilités d'accueil sont trop souvent insuffisantes, ce qui nuit à l'égalité des chances des jeunes enfants.

Au cours des dernières années, la Confédération, les cantons et les communes, de même que les initiatives privées ont commencé à améliorer les conditions pour le développement de l'enfant. 'Mais il reste encore beaucoup à faire', note la commission dans un communiqué mardi.

Les mesures prises jusqu'à présent constituent souvent un 'patchwork peu efficace'. Afin que tous les enfants en Suisse bénéficient des mêmes chances à leur entrée à l'école enfantine, il est urgent de mettre en place une politique cohérente de la petite enfance, poursuit la commission.

Les expériences d'apprentissage au cours des premières années de la vie sont en effet décisives pour le développement de chaque enfant. La commission demande donc premièrement d'améliorer l'offre. Les cantons et les communes doivent notamment mettre en place des structures d'accueil à des prix raisonnables, y compris pour les familles modestes.

Mettre plus d'argent

La politique de la petite enfance doit aussi mieux se coordonner. Ce domaine relève en effet de la politique de la formation, du social, de la santé et de l'intégration. Une coordination de ces domaines à tous les échelons de l'Etat est donc primordiale.

Il s'agit également d'améliorer la qualité. La qualification du personnel joue à cet égard un rôle déterminant et le travail pédagogique avec les tout petits devrait répondre à des normes claires.

Enfin, la commission recommande un renforcement du financement qui soit conçu comme un investissement et non comme une charge. Les communes et les cantons sont appelés à consacrer davantage de moyens financiers à l'éducation de la petite enfance afin d'alléger sensiblement la charge des familles.

Intérêt économique

Toutes ces recommandations figurent dans une nouvelle publication présentée mardi et qui a pour vocation de susciter le débat en Suisse. Une vraie politique de la petite enfance ne se limite pas au bien-être des enfants, mais présente aussi un intérêt économique, rappelle la commission. Une éducation et un encadrement de qualité dès le plus jeune âge ont des répercussions sur la santé et la réussite future des petits.

La commission suisse pour l'Unesco - une commission extraparlementaire formée de 20 membres dont le rôle est purement consultatif - s'engage depuis 2006 dans cette thématique.

Elle soutient les objectifs mondiaux de l'Unesco formulés dans l'Agenda 2030 pour un développement durable. Adopté par l'ONU le 15 septembre 2015, ce document plaide pour une égalité des chances entre filles et garçons en matière de développement, de soins et d'éducation préscolaire. La Suisse est elle aussi appelée à réaliser cet objectif.

Le Parlement réticent

Le Parlement s'est montré à plusieurs reprises réticent à délier les cordons de la bourse en faveur de l'aide à la petite enfance. En septembre dernier, il a accepté presque à contrecoeur un nouveau prolongement pour quatre ans de l'aide fédérale à la création de crèches et garderies.

L'enveloppe s'élève à 130 millions de francs. Initié en 2003, le programme d'impulsion a permis de soutenir la création de plus de 60'000 places. Déjà par le passé, le Conseil fédéral et la droite auraient voulu mettre fin à ce programme, estimant que cette tâche revenait d'abord aux cantons et communes.

Et pas plus tard que la semaine dernière, la commission de l'éducation du National a décidé par 12 voix contre 10 que les enfants ne devraient finalement pas pouvoir bénéficier dès la naissance du soutien de la loi sur l'encouragement de l'enfance et de la jeunesse. La majorité est d'avis qu'un soutien de la Confédération ne s'impose pas pour l'instant.

/ATS
 

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