L'avocat Jacques Barillon déplore qu'un meurtrier reste impuni

Malgré sa condamnation, Laurent Ségalat va pouvoir 'jouir de l'impunité', déplore Jacques Barillon ...
L'avocat Jacques Barillon déplore qu'un meurtrier reste impuni

L'avocat Jacques Barillon déplore qu'un meurtrier reste impuni

Photo: Keystone

Malgré sa condamnation, Laurent Ségalat va pouvoir 'jouir de l'impunité', déplore Jacques Barillon, l'avocat de la famille de la victime. Pour sa part, le procureur général vaudois Eric Cottier juge 'regrettable' que la Suisse et la France ne collaborent pas mieux.

Interrogé par l'ats, Jacques Barillon relève que, si la France ne conteste pas que Laurent Ségalat soit un meurtrier, 'notre grand voisin, chantre des valeurs démocratiques, nous apprend qu'un criminel peut, de fait, jouir de l'impunité. J'espère que cela ne donnera pas de mauvaises idées à d'autres délinquants'.

Marge de manoeuvre nulle

L'avocat de la famille de la victime 'doute' que Laurent Ségalat commette l'imprudence de quitter la France, ce qui signifierait son arrestation. 'Le meurtrier sait qu'il a désormais la bénédiction des pouvoirs publics pour y passer des jours paisibles', affirme-t-il, en regrettant que la marge de manoeuvre des victimes soit 'quasi nulle'.

De son côté, le procureur général du canton de Vaud juge 'regrettable' que deux pays comme la Suisse et la France qui ont pour ainsi dire les mêmes cultures judiciaire et juridique ne puissent pas collaborer davantage et exécuter le jugement de l'une sur le territoire de l'autre.

Jugement pas remis en cause

'La décision française ne porte absolument pas un jugement sur le jugement suisse, elle ne le remet pas en cause. La France dit que jugement suisse n'est pas exécutable en France', relève Eric Cottier.

'A mon sens, à une époque où l'on parvient à une entraide pénale dans de très nombreux domaines, c'est vrai que le résultat (dans l'affaire Ségalat) est regrettable', considère le procureur général. 'Ce meurtrier va rester libre dans un pays voisin. Les accords internationaux, dont le but est une meilleure administration de la justice ou la coopération internationale en matière pénale, n'atteignent pas les buts énoncés', déplore le magistrat vaudois.

Protégé par la frontière

Eric Cottier rappelle qu'au fil de la procédure, 'Laurent Ségalat et ses avocats ont donné à la justice suisse des assurances, notamment qu'il était à la disposition de la justice helvétique'. 'Eh bien maintenant, Laurent Ségalat a mis la frontière entre cette justice suisse et lui. Il ne respecte pas les engagements pris', conclut l'avocat général.

/ATS


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