La froideur émotionnelle du meneur des agresseurs de Saint-Jean

Le meneur présumé de la bande de cinq jeunes qui a commis l'agression barbare de Saint-Jean ...
La froideur émotionnelle du meneur des agresseurs de Saint-Jean

La froideur émotionnelle du meneur des agresseurs de Saint-Jean

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

Le meneur présumé de la bande de cinq jeunes qui a commis l'agression barbare de Saint-Jean a une personnalité dyssociale. Il est aussi incapable de tirer des enseignements du passé, ont indiqué mercredi les experts psychiatres qui l'ont examiné.

Devant le Tribunal criminel de Genève, les docteurs Christophe Coste et Patrick Blachère ont souligné l'empathie défaillante de l'homme de 20 ans, jugé pour avoir frappé sans raison deux trentenaires avec une batte de baseball, une nuit de janvier 2017. Les victimes, qui ont eu la tête fracassée, sont aujourd'hui lourdement handicapées.

L'expertise met aussi en avant les problèmes d'alcool que le prévenu avait à l'époque des faits. Aucun élément ne permet de déterminer quelle quantité l'accusé avait ingurgitée le soir de l'agression. S'il avait bu, il n'était toutefois pas confus, car il s'est souvenu de détails liés à l'agression plusieurs mois après.

Selon les psychiatres, la responsabilité du prévenu au moment des faits pourrait être faiblement ou moyennement restreinte, à cause de l'alcool. L'accusé présente un risque de récidive moyen. Par ailleurs, aucun élément ne permet d'indiquer qu'il éprouve une jouissance sadique à faire souffrir, estiment les spécialistes.

Remise en cause de soi difficile

Le deuxième prévenu majeur ayant pris part à l'agression de Saint-Jean a aussi fait l'objet d'une expertise psychiatrique. Le docteur Tony Godet a déclaré s'être trouvé en face d'un jeune homme capable de se mettre à la place des victimes et de leur famille, mais réticent à s'interroger sur son propre fonctionnement.

Selon lui, le prévenu a pu être entraîné par une dynamique de groupe. La bande avait à ses yeux de l'importance, car il y jouait un rôle. Il aurait pu être influençable, en raison d'une immaturité psycho-affective. Aux yeux du docteur Godet, le risque de récidive de l'accusé peut être considéré comme faible.

Mercredi matin, des médecins légistes ont aussi énuméré les blessures subies par les deux trentenaires qui ont été attaqués par la bande. Le premier a souffert de trois importantes fractures au crâne. Le cerveau du deuxième avait, quant à lui, énormément gonflé à cause du traumatisme.

Comme un accidenté de la route

Afin d'éviter la mort par excès de pression, des ouvertures ont dû être pratiquées dans le crâne. Des morceaux de cerveau ont aussi été enlevés. Les lésions qui ont été observées sur la victime sont comparables à des blessures vues sur des accidentés de la route, ce qui dénote de la violence des coups, selon les médecins légistes.

Les mères des deux accusés sont venues à la barre raconter le choc qu'elles ont subi lorsqu'elles ont appris ce que leur fils avait commis. 'Beaucoup de vies sont touchées', a déploré l'une d'elles. 'Je demande pardon à la famille et à la Suisse qui nous a accueillis', a supplié l'autre.

Le procès se poursuit jeudi avec le réquisitoire et les plaidoiries des parties plaignantes.

/ATS
 

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