La pollution au mercure sur la table des députés valaisans

Le rapport de la Cogest sur la pollution au mercure est au menu du Grand Conseil valaisan jeudi ...
La pollution au mercure sur la table des députés valaisans

La pollution au mercure sur la table des députés valaisans

Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Le rapport de la Cogest sur la pollution au mercure est au menu du Grand Conseil valaisan jeudi matin. Les débats s'annoncent houleux, avec en toile de fond les documents remis par l'ex-chef du service de l'environnement et les attaques dirigées contre Jacques Melly.

Le 8 mars 2018, le Grand Conseil valaisan accepte une motion urgente portée par le PLR, le PDC et les Verts par 117 voix contre 6 et 3 abstentions. Elle charge la Commission de gestion (Cogest) de se saisir du dossier mercure.

Vingt et un mois plus tard, le rapport se retrouve sur la table du Grand Conseil. Il émet plusieurs recommandations à l'adresse du Département cantonal de la mobilité, du territoire et de l'environnement (DMTE) dirigé par Jacques Melly 'afin que la gestion future des différents dossiers s'opère de façon transparente'.

Dans son rapport, la Cogest rappelle que le service valaisan de l'environnement (SEN) joue 'un rôle de police de l'environnement'. En tant que tel, il doit être indépendant, doit pouvoir disposer de ses propres juristes et pouvoir compter sur un effectif suffisant et stable.

L'affaire enfle

Les débats au Grand Conseil prévus jeudi s'annoncent nourris. Cela d'autant plus que 'l'affaire Rossier', du nom du chef démissionnaire du SEN, n'a cessé d'enfler au cours des dernières semaines.

En juillet dernier, Joël Rossier a remis de très nombreux documents aux autorités de surveillance, soit à l'inspection cantonale des finances et à la Cogest. Un groupe de médias a pris connaissance d'une partie d'entre eux. L'ex-chef de service y dit notamment ne pas être en mesure d'appliquer correctement le droit environnemental en Valais et que c'est pour cette raison qu'il a démissionné.

Le PDCVr s'offusque

Après une petite accalmie, l'UDC a mis le feu aux poudres début décembre en diffusant sur son site internet quelque 500 pages de documents, promettant de mettre régulièrement en exergue des points saillants. Dans la foulée, les socialistes ont réclamé via Facebook la démission de Jacques Melly qu'ils soupçonnent d'avoir 'menti à plusieurs reprises' sur ce dossier, ce que le conseiller d'Etat conteste fermement.

Depuis, selon Le Nouvelliste, le PS nuance sa position. Comme l'UDC et le PLR, il souhaite toutefois demander au Grand Conseil lors des urgences vendredi que Jacques Melly soit dessaisi de certains dossiers, voire amputé du service de l'environnement.

Dans un communiqué, le PDC du Valais romand s'est offusqué 'de la fronde d'attaques éhontées que subit son conseiller d'Etat, en particulier sur les réseaux sociaux'. Selon lui, ses détracteurs 'anticipent les prochaines échéances pour le Conseil d'Etat de 2021 en attaquant de front les sièges du PDCVr'.

Autorités pénales saisies

Nouveau rebondissement vendredi dernier: la Cogest informe qu'elle a remis au Ministère public les documents qu'elle détient de l'ancien chef du SEN. Elle a agi par principe de précaution, pour ne pas risquer d'omettre de dénoncer une infraction pénale.

Dans un communiqué, le Parquet indique qu'il va 'vérifier si certains éléments pourraient tomber sous le volet pénal'. Une enquête préliminaire est en cours, précise-t-il.

Le même jour, le préposé cantonal à la protection des données et à la transparence Sébastien Fanti et sa commission annoncent avoir également saisi les autorités pénales pour traiter le dossier de 512 pages transmis par Joël Rossier et rendu public par le Conseil d'Etat en octobre 2019.

Mercredi, le Grand Conseil valaisan a accepté à l’unanimité de lever le secret de fonction de Sébastien Fanti. Le préposé doit en effet être entendu jeudi dans les bureaux de la police cantonale sur demande du Ministère public.

Les divers observateurs peinent à comprendre les méandres et le fond de cette affaire qui s'emballe au fil des jours. Les débats au Grand Conseil devraient apporter quelques éclaircissements.

/ATS