La presse sous le choc après les nouvelles attaques djihadistes

Effroi, électrochoc, la guerre: la presse suisse est sous le choc après les attentats commis ...
La presse sous le choc après les nouvelles attaques djihadistes

La presse sous le choc après les nouvelles attaques djihadistes

Photo: Keystone

Effroi, électrochoc, la guerre: la presse suisse est sous le choc après les attentats commis mardi Bruxelles et revendiqués par l'Etat islamique, qui ont fait au moins 34 morts et 200 blessés. Ces attaques soulèvent beaucoup de questions.

Pessimiste, Le Temps constate l'échec depuis un an et l'attaque contre Charlie Hebdo des forces de sécurité, malgré un état d'alerte et une coopération accrue. Il va jusqu'à se demander: 'Et si les terroristes étaient en train de gagner la guerre?'.

Pour le quotidien lémanique, 'quand l'Etat islamique a décidé de frapper, personne n'est aujourd'hui en mesure d'arrêter ses soldats fanatiques'. Notant que 'l'ennemi vient de l'intérieur', il appelle la population à ne pas répondre par la tolérance, 'quand des comportements témoignant d'une radicalisation apparaissent'.

En écho, La Tribune de Genève écrit que l'Europe est désormais 'un champ de bataille privilégiée des combattants de Daech'. 'Traquée, blessée, la bête ne se débat que plus violemment encore', poursuit le journal genevois, qui estime que le 'réservoir de bombes humaines' du groupe sunnite extrémiste semble 'inépuisable'. 'La vie d'un kamikaze ne vaut rien, seul le message compte'.

'L'ennemi est là'

Dans la même tonalité, Le Matin relève que 'l'ennemi est redoutable, parce que sans limites'. En face l'Europe, la 'nouvelle cible, fait pâle figure'. 'Elle semble incapable de se défendre efficacement', alors qu'il y a urgence. 'L'ennemi est là'.

'Le ver est (...) dans le fruit depuis longtemps', enchaîne La Liberté, qui rappelle qu'Europol estimait en janvier à 5000 le nombre de terroristes circulant librement sur le continent. 'L'Europe est truffée de cellules dormantes prêtes à être activées et loin d'être neutralisées', avertit le journal fribourgeois.

Elle va d'ailleurs 'devoir apprendre à vivre avec cette menace' terroriste, surenchérit 24 Heures. Mais surtout, le continent tout entier 'va devoir apprendre à la combattre (...) Une gageure' après 'la foire d'empoigne de ces dernières semaines autour de la gestion de la crise migratoire et du conflit syrien', relève le quotidien vaudois.

S'attaquer à la racine du mal

Mais 'dans ce combat vital contre le cancer du terrorisme', la 'réponse ne peut être que collective', assure le quotidien vaudois. Les démocraties européennes ne doivent pas 'lâcher', martèle encore La Tribune de Genève. Il faut mieux coopérer et combler les failles du renseignement.

Il faut surtout s'attaquer à la racine du mal. Or, les Etats européens, relève Le Courrier, ne se donnent pas 'les moyens de penser en profondeur et de déconstruire les raisons conduisant à ce type de radicalisation meurtrière'. Ils se contentent de réponses 'pour le moins superficielles et symboliques', comme la déchéance de la nationalité, souligne le journal genevois.

La presse alémanique pointe, elle, les failles sécuritaires à Bruxelles. 'La Belgique était avertie', note le Blick. Les attentats ne sont pas une surprise: les autorités avaient émis un avertissement sur des attentats après l'arrestation d'un des auteurs des attaques de Paris Salah Abdeslam', abonde la 'Nordestschweiz'.

'Nous sommes vaincus'

La Neue Zuercher Zeitung se demande, quant à elle, pourquoi 'il n'y avait pas de contrôle de bagages et de personnes dans le hall de départ de l'aéroport' international de Bruxelles. Le grand quotidien zurichois ne se fait toutefois guère d'illusions: 'Aussi élevées que puissent être les mesures de sécurité, cela n'empêche pas le risque d'une attaque terroriste'.

La NZZ estime qu'à court terme, une sécurisation des frontières extérieures de l'UE est obligatoire. 'Pour résoudre le problème à long terme, l'islamisme doit être supprimé en Europe, mais aussi dans ses viviers du monde entier', notamment en empêchant la formation de société parallèle et de nouveaux ghettos.

Pour la Basler Zeitung, 'nous sommes au bout de notre latin; nous sommes vaincus'. 'Avec 'une telle folie, il semble que les bombes ne peuvent pas être vaincues ni par une politique sociale généreuse ni par des mesures des services de renseignements ni par la transformation des villes en zones de haute sécurité'.

/ATS


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