Lausanne veut ouvrir un espace de consommation sécurisé

Presque dix ans après le refus en votation d'un local d'injection, la ville de Lausanne souhaite ...
Lausanne veut ouvrir un espace de consommation sécurisé

Lausanne veut ouvrir un espace de consommation sécurisé

Photo: Keystone

Presque dix ans après le refus en votation d'un local d'injection, la ville de Lausanne souhaite ouvrir un espace de consommation de drogue sécurisé (ECS). Prévu au Vallon, ce projet-pilote vise à diminuer la consommation dans l'espace public.

Ces dernières années, la Ville s'est concentrée sur la réduction des risques, au risque de manquer d'ambition pour les personnes précarisées. A voir les shoots dans les WC et les espaces publics, il est temps de proposer l'ouverture d'un espace de consommation sécurisé, a déclaré le syndic Daniel Brélaz lundi devant la presse à Lausanne.

Lausanne reste la seule grande ville de Suisse qui ne dispose pas d'un tel espace, a-t-il souligné. Il y a eu de fortes concertations ces dernières années, avec les milieux concernés par la problématique et avec les commerçants. Ils se rendent compte que des progrès ne pourront être acquis que si l'on évolue et que si l'on fait ce qui réussit ailleurs dans les autres villes.

Pas de hausse de la consommation

Ce qui a changé depuis 2007, c'est que l'on a aujourd'hui un recul suffisant pour évaluer les ECS, a indiqué Oscar Tosato, directeur de l'enfance, de la jeunesse et de la cohésion sociale. Il en existe douze dans huit villes, dont quatre à Zurich, a-t-il précisé.

Selon les constats, les ECS permettent une diminution sensible de la consommation de drogues dans les espaces publics et améliorent l'état de santé des usagers. Ils n'ont pas amené de hausse de la consommation ni du nombre de toxicomanes.

500 à 600 usagers potentiels

La Municipalité entend confier l'ECS à la fondation ABS, une institution qui a une grande l'expérience de terrain. Le local sera installé dans ses locaux du Vallon, où se trouvent déjà Le Passage et La Terrasse. Le lieu accueillera 500 à 600 usagers potentiels et disposera de quatre places pour l'injection et quatre pour l'inhalation ou le sniff, a ajouté M.Tosato.

Une évaluation sera effectuée par l'Institut universitaire de médecine sociale et préventive. Le projet qui a déjà fait l'objet d'une large consultation sera soumis au Conseil communal.

Son coût annuel se monte à 980'000 francs. Il sera pris sur le budget communal, sans coût supplémentaire, car d'autres subventions vont être reprises par le canton.

/ATS


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