Le Conseil d'Etat s'engage en faveur du projet de Grand Fribourg

Le Conseil d'Etat fribourgeois fait son entrée dans le débat autour de la fusion à neuf communes ...
Le Conseil d'Etat s'engage en faveur du projet de Grand Fribourg

Le Conseil d'Etat s'engage en faveur du projet de Grand Fribourg

Photo: KEYSTONE/ANTHONY ANEX

Le Conseil d'Etat fribourgeois fait son entrée dans le débat autour de la fusion à neuf communes devant donner naissance au Grand Fribourg. Le canton et l'Assemblée constitutive lancent une offensive conjointe pour la mobilité et l'emploi.

Le gouvernement est intervenu pour la première dans le processus jeudi à Belfaux (FR), à l'occasion de la neuvième réunion de l'Assemblée constitutive, organe présidé par Carl-Alex Ridoré, préfet de la Sarine. 'Nous saluons l'énorme travail accompli depuis des mois', a dit le conseiller d'Etat Didier Castella, en charge des institutions.

'Il s'agit maintenant d'ouvrir le débat pour convaincre', a-t-il relevé, en ajoutant que ce 'projet unique' concernait tout le canton et au-delà. Le magistrat a lancé un appel aux autorités des neuf communes parties prenantes pour qu'elles s'impliquent davantage, en affirmant si 'elles ont un intérêt ou non à participer à la fusion'.

'Il ne faut pas rester si l'on n'est pas convaincu, pour ne pas fragiliser le processus', a insisté Didier Castella. Ce dernier a précisé que le Conseil d'Etat livrerait un rapport au Grand Conseil en 2020 pour obtenir un vote de principe. Vote qui pourrait s'inscrire à côté des consultations populaires dans les communes.

Colonne vertébrale

Quant à Carl-Alex Ridoré, il a dit que le projet devait maintenant se donner une 'colonne vertébrale', alors que le processus se trouve à mi-parcours. Le concept de fusion devrait aboutir à fin novembre, dans une phase qui se déroule désormais à 'ciel ouvert', eu égard à l'implication accrue demandée à l'ensemble des partenaires.

'La fusion du Grand Fribourg est une chance pour agir sur l’engorgement du trafic et le manque de nouveaux emplois', a encore indiqué Carl-Alex Ridoré. Selon le préfet, il s'agit là de deux des plus grandes faiblesses du centre cantonal.

Dans le cadre de la demande d’aide complémentaire de l’Etat à la fusion dont ils ont la charge, le groupe de travail sur les finances et le comité de pilotage proposent au Conseil d’Etat de mener une offensive dans ces deux domaines. Le canton de Fribourg pâtit depuis longtemps de la paralysie du trafic aux abords de sa capitale.

De même, le canton ne peut profiter pleinement du potentiel de son moteur économique principal, a noté Carl-Alex Ridoré. Le chef-lieu est en effet décrit comme bridé par le manque récurrent de terrains stratégiques pouvant accueillir des entreprises.

Mobilité

L’action à mener dans la mobilité vise à améliorer significativement l’attrait des transports publics, a expliqué Christian Vorlet, président du groupe de travail sur les finances'. Avec une part modale des transports ne dépassant pas les 19%, le Grand Fribourg est très loin du taux 35% affiché par Berne ou Zurich.

Le constat est sans ambages: les personnes ne sont pas incitées à prendre un bus si ce dernier n’avance pas plus vite que les voitures dans les bouchons. Un investissement de 300 millions de francs permettra d’offrir à la population une infrastructure de transports publics et de mobilité douce attractive.

L’objectif est d’assurer d'ici à 2026 une cadence toutes les 7 minutes et demi sur l’ensemble du territoire de la commune fusionnée et la faculté pour l’usager de relier n’importe quel point du réseau urbain en moins de quinze minutes. Le défi passe par une extension de la zone principale à l’entier du périmètre du Grand Fribourg.

L’offensive porte aussi sur les prix des transports publics pour renforcer leur attrait dès l’entrée en vigueur de la fusion en 2022. Il est question de construire une ligne de tram entre Marly et la gare de Fribourg. Le projet comprend une volonté de réduire le prix du ticket.

Fiscalité

En ce qui concerne la fiscalité, le groupe de travail sur les finances a précisé sa fourchette à la baisse. Il estime désormais que le taux d’imposition de la commune fusionnée, qui sera la troisième ville de Suisse romande, oscillera entre 70 et 73 centimes par franc versé à l’Etat, contre entre 70 et 78 centimes en mars.

Pour mémoire, le projet de fusion du Grand Fribourg a été lancé à la demande des communes d’Avry, de Belfaux, de Corminboeuf, de Fribourg, de Givisiez, de Granges-Paccot, de Marly, de Matran et de Villars-sur-Glâne. L'entité compterait environ 75'000 habitants. Une convention de fusion devrait passer devant le peuple en mars 2021.

/ATS
 

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