Le Conseil fédéral a « enfin » un plan, estime la presse suisse

La tactique du Conseil fédéral face à l'Union européenne est saluée dans la presse suisse. ...
Le Conseil fédéral a « enfin » un plan, estime la presse suisse

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Photo: KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

La tactique du Conseil fédéral face à l'Union européenne est saluée dans la presse suisse. Certes, il reste encore de nombreuses batailles, mais le gouvernement a 'enfin' un plan 'intelligent' et 'astucieux'. Le salut pourrait venir de KKS et de PYM.

A l'issue de la consultation nationale, le Conseil fédéral a renoncé vendredi à signer dans l'immédiat le projet d'accord-cadre négocié. Il veut d'abord demander des précisions à Bruxelles sur certains points litigieux et surtout combattre l'initiative de l'UDC contre la libre circulation. 'Le Conseil fédéral a pris la meilleure décision possible, la plus réaliste', analyse La Liberté.

'Le Conseil fédéral a enfin un plan', s'exclame la NZZ. Il a enfin trouvé 'le bouton de réinitialisation' promis par le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis à son arrivée parmi les sept en 2017, lui font écho les publications alémaniques de Tamedia. Il a 'enfin une position claire', souffle le Blick. Bref, la Suisse a 'enfin défini ce qu’elle veut, ce qu’elle ne veut pas et semble prête à en supporter les conséquences', résument 24heures et La Tribune de Genève.

Un climat adouci

'Rien n’est gagné, loin de là', prévient cependant le quotidien fribourgeois. On ne sait toujours pas exactement comment garantir la protection des salaires en Suisse tout en la rendant compatible avec l'UE, ni comment contrôler le nombre de travailleurs étrangers, relèvent plusieurs quotidiens.

Mais la liste de souhaits du gouvernement est si petite et si clairement formulée qu'elle devrait pouvoir être ajoutée au projet d'accord, remarque la NZZ. Reste surtout, selon le journal zurichois, la question des syndicats, peu enclins à faire des compromis. 'S'ils continuent à s'accrocher à leurs lignes rouges, l'accord-cadre n'a pas d'espoir'.

Malgré ces incertitudes, le climat s'est adouci; les différents acteurs à la manoeuvre se parlent à nouveau et sont prêts à trouver une solution, constate La Liberté. L'ancienne coalition pro-européenne du PDC, PLR et PS semble s'être reformée, observe encore CH Media. Ce qui est de bonne augure: 'pour gagner devant le peuple, un projet politique doit être soutenu par au moins trois grands partis nationaux', rappelle Le Temps.

L'atout Karin Keller-Sutter

Selon plusieurs quotidiens, cette alliance retrouvée est surtout l'oeuvre de la nouvelle conseillère fédérale Karin Keller-Sutter (PLR), qui montre sa volonté de façonner l'avenir et de renforcer le partenariat social. 'Elle sait bien que l’accord n’a aucune chance si l’UDC et le PS le torpillent', glissent 24heures et La Tribune de Genève. Le Temps estime également que le nouveau président de l’Union syndicale suisse, Pierre-Yves Maillard semble disposer de la flexibilité nécessaire pour trouver une solution.

Et comme dit le Blick, avec un certain savoir-faire diplomatique, des améliorations pourraient être apportées par le biais de protocoles additionnels, de déclarations ou de clarifications qui pourraient aussi plaire aux électeurs suisses.

Dans tous les cas, le Conseil fédéral a maintenant beaucoup plus de légitimité pour faire savoir à Bruxelles que 'dans sa forme actuelle, l'accord n'a aucune chance parce que le peuple ne le soutient pas', conclut le Blick.

/ATS
 

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