Le Conseil fédéral rejette une stratégie pour la classe moyenne

La classe moyenne va mieux. Le Conseil fédéral ne juge donc pas nécessaire d'élaborer une stratégie ...
Le Conseil fédéral rejette une stratégie pour la classe moyenne

Le Conseil fédéral rejette une stratégie pour la classe moyenne

Photo: Keystone

La classe moyenne va mieux. Le Conseil fédéral ne juge donc pas nécessaire d'élaborer une stratégie qui cible seulement cette couche de la population. Il préfère veiller à ce qu'elle ait un bon accès à la formation et puisse concilier travail et famille.

Il est faux de croire que la classe moyenne va moins bien à cause d’une augmentation des charges fiscales. Son pouvoir d'achat a augmenté ces quinze dernières années. Les revenus disponibles ont progressé de l’ordre de 14 à 17% en moyenne, note le gouvernement dans un rapport demandé par l'ex-conseillère nationale Lucrezia Meier-Schatz (PDC/SG) et publié vendredi.

De 1998 à 2011, la classe moyenne a été moins frappée que les couches plus faibles ou plus riches par la hausse des charges fiscales et sociales. Concernant les impôts, la situation varie fortement d'un canton à l'autre.

L'augmentation des primes d’assurance maladie a certes pesé lourd sur les budgets, mais dans une proportion moindre que pour les classes populaires. Il faut en outre tenir compte des avantages liés à la hausse des coûts de la santé, ajoute le Conseil fédéral.

En 1998, une femme de 50 ans pouvait espérer vivre jusqu'à 84 ans et un homme du même âge jusqu'à 79 ans. En 2014, cette espérance de vie est passée respectivement à 86,2 et 82,5 ans.

Difficile à cataloguer

Le Conseil fédéral relève en outre qu'il est très difficile de cataloguer la classe moyenne. Dans son rapport, il s'est basé sur la définition de l'Office fédéral de la statistique.

En 2012, on y a ainsi classé les personnes seules dont le revenu mensuel brut était compris entre 3868 et 8289 francs. Pour une famille avec deux enfants âgés de moins de 14 ans, la fourchette est de 8123 à 17'406 francs.

La classe moyenne se distingue aussi par des modes de vie très hétérogènes. Ce qui complique l'élaboration d'une stratégie commune qui réponde aux besoins de chacun.

Une politique de redistribution plus généreuse en faveur de cette catégorie de revenus est aussi problématique, car elle entraîne inévitablement l'affaiblissement du pouvoir d'achat des plus riches et des plus pauvres. Et là encore, tout le monde n'est pas placé à la même enseigne au sein de la classe moyenne.

Certaines mesures pourraient privilégier les propriétaires par rapport aux locataires ou favoriser les familles par rapport aux célibataires. Le Conseil fédéral préfère donc prendre des décisions qui répondent à l’intérêt de l’ensemble de la population et tiennent compte des différentes situations de vie observées dans les domaines de la formation, du travail, de la santé et des revenus.

Formation

Vu l’importante contribution de la classe moyenne à l'économie et pour qu'elle puisse continuer d'en profiter, le gouvernement entend néanmoins lui assurer un accès abordable à une formation solide. Il faut aussi qu’elle puisse se perfectionner. A défaut, le risque existe qu’elle ne profite pas pleinement de l’intégration du commerce mondial et des progrès techniques.

Il s'agira aussi de miser sur les mesures destinées à faciliter la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Celles-ci peuvent consolider les revenus de la classe moyenne et réduire le risque de pauvreté.

/ATS


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