Le Grand Conseil veut assurer les financements de l'Université

Les députés fribourgeois ont accepté mercredi un mandat demandant au Conseil d'Etat d'assurer ...
Le Grand Conseil veut assurer les financements de l'Université

Le Grand Conseil veut assurer les financements de l'Université

Photo: KEYSTONE/GAETAN BALLY

Les députés fribourgeois ont accepté mercredi un mandat demandant au Conseil d'Etat d'assurer des 'moyens suffisants' à l'Université de Fribourg. Cette dernière est celle en Suisse qui dépense le moins par étudiant, avec 22'000 francs par an.

Le mandat a été accepté par 82 voix contre 17, sans abstention. Les 76 députés signataires demandent au Conseil d'Etat que la planification pluriannuelle 2023-2027 de l'Université de Fribourg soit pleinement intégrée dans le cadre de la planification financière de l'Etat pour la législature qui a débuté en janvier.

Défendant le texte, la députée PLR Antoinette de Weck, présidente du Sénat de l'Université de Fribourg, a indiqué que l'Université de Zurich dépensait 40'000 francs par an et par étudiant, alors que d'autres consacrent 30'000 francs. 'Dans le paysage universitaire, qui n'avance pas, recule', a-t-elle averti.

Sous-investissement

'Chaque franc investi rapporte deux francs à la collectivité', a dit le député centriste Bernhard Altermatt. Tous les groupes ont salué le mandat, à l'exception de l'UDC qui n'a apporté qu'un soutien partiel. L'Université de Fribourg a cédé du terrain ces dernières années, a déploré Julien Vuilleumier au nom des Verts et alliés.

'Il faut cesser la politique des demi-mesures', a dénoncé le député socialiste Grégoire Kubski, pour qui le mandat doit constituer un 'tournant'. A l'instar d'autres, l'élu gruérien a mentionné un sous-investissement, un sous-entretien et une sous-dotation en personnel. L'Université de Fribourg compte quelque 11'000 étudiants.

Son budget annuel pourra ainsi être accru pour couvrir non seulement les adaptations 'obligatoires' des moyens existants (indexation des salaires, augmentation des paliers du personnel et amortissements), mais aussi les nouveaux besoins (entretien, effectifs et manque à gagner lié à la révision de l'Accord intercantonal universitaire).

Pas de fractionnement

Le Conseil d'Etat, par la voix de Sylvie Bonvin-Sansonnens, chargée du dossier, n'a pas été suivi avec sa proposition de fractionner le mandat. Il ne voulait retenir que le seul volet attribuant des moyens supplémentaires pour l'entretien des infrastructures et la compensation du manque à gagner dû à la révision de l'AIU.

Le volet concernant l'attribution de moyens supplémentaires pour le financement des besoins en personnel additionnel s'en serait alors trouvé rejeté. L'exécutif a réitéré toutefois sa volonté de trouver des solutions financières équilibrées en faveur de l'Université, mais aussi des autres hautes écoles du canton.

A Fribourg, le mandat vise à obliger le Conseil d'Etat à prendre des mesures dans un domaine relevant de sa seule compétence. Il permet au Grand Conseil de veiller à ce que le gouvernement cantonal exécute les lois correctement et dans les délais.

/ATS
 

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