Le National refuse de tailler à la hache dans les dépenses

De nouveaux programmes d'économies attendent la Confédération. Le National a toutefois refusé ...
Le National refuse de tailler à la hache dans les dépenses

Le National refuse de tailler à la hache dans les dépenses

Photo: Keystone

De nouveaux programmes d'économies attendent la Confédération. Le National a toutefois refusé mercredi de tailler à la hache dans les dépenses. Il a préféré s'en tenir pour l'instant à quelques centaines de millions de francs de coupes demandées depuis deux ans.

Pour la majorité bourgeoise, l'heure n'est plus aux atermoiements. Les finances fédérales sont désormais passées dans le rouge (déficit de 124 millions en 2014) et les effets économiques du franc fort pourrait bien avoir des conséquences néfastes sur les comptes de la Confédération.

La ministre des finances Eveline Widmer-Schlumpf s'est d'ailleurs déjà lancée dans des coupes de l'ordre de 1,3 milliard pour l'année prochaine, auxquelles s'ajouteront d'autres ensuite.

Ces 'mesures de correction' viseront en priorité à freiner fortement la croissance des dépenses. Celles qui ont bénéficié ces dernières années d’un renchérissement particulièrement faible devront être réduites de 3% par rapport au plan financier 2016-2018. Presque tous les domaines sont concernés.

En outre, les charges de personnel devront être stabilisées au niveau prévu par le budget 2015 et les charges de conseil devront être diminuées. Par ailleurs, l’apport au fonds d’infrastructure, qui dispose d’importantes liquidités, devra être réduit.

Fronde de droite

L'UDC et le PLR ne voulaient plus attendre. Ils ont appelé le Conseil fédéral à plafonner les dépenses à 64 milliards l'an prochain (soit le niveau effectif de 2014). Ces coupes, estimées à trois milliards par la grande argentière, devraient en premier lieu concerner les charges de personnels, de biens et services et celles d'exploitation.

Cette exigence correspond à l'engagement pris par les présidents de trois grands partis bourgeois. Mais elle a été refusée par 107 voix contre 76, seule une minorité du PDC l'ayant finalement soutenue.

Premières coupes

Avec les Vert'libéraux et le PBD, les démocrates-chrétiens ont préféré s'en tenir pour l'instant aux propositions soumises par le Conseil fédéral dans son 'programme de consolidation et de réexamen des tâches'.

Des quelque 700 millions de coupes préconisés par le gouvernement pour 2016, seuls 569 millions sont formellement soumis à l'aval des Chambres dans ce cadre. Plusieurs domaines ont toutefois été épargnés, comme l'aide à la presse (50 millions).

L'UDC et la gauche faisant bloc, le National a aussi refusé par 113 voix contre 74 de tailler 132,5 millions dans la réduction du taux d'intérêt de la dette de l'AI envers l'AVS.

Les coupes de 56,7 millions dans l'agriculture ont quant à elles été repoussées par 109 voix contre 78. Les députés ont également refusé d'économiser 4,6 millions dans les subventions aux cantons pour la protection des biens culturels.

Opposition vaine à gauche

La gauche s'est quant à elle retrouvée seule à s'opposer aux 38,5 millions à ponctionner dans l'aide au développement et aux 40 millions dont le trafic ferroviaire ferait les frais.

D'une manière générale, le camp rose-vert, qui a accusé la droite de préférer supprimer 10'000 emplois fédéraux à des coupes dans l'armée ou l'agriculture, aurait souhaité se passer de tout programme d'économie.

Quant à l'UDC, elle a fait chou blanc en plaidant pour des coupes supplémentaires dans les acquisitions de prestations de service (272 millions), les campagnes de prévention de l'Office fédéral de la santé publique (150 millions), les charges de biens et services et d'exploitation (450 millions) et le budget de l'Office fédéral de la culture (50 millions).

/ATS


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